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	<title>Labyrinthes avec vue</title>
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		<title>L’abri rudoyé</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 15:25:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Char]]></category>
		<category><![CDATA[Pages dans un courant d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
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		<description><![CDATA["De tous temps j'ai aimé sur un chemin de terre la proximité d'un filet d'eau tombé du ciel qui vient et va se chassant seul et la tendre gaucherie de l'herbe médiane qu'une charge de pierres arrête comme un revers obscur met fin à la pensée."]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/12/abri.jpg" rel="lightbox" rel="lightbox-2270"><img class="alignleft size-medium wp-image-2313" title="abri" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/12/abri-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><strong>L’abri rudoyé</strong></p>
<p style="text-align: justify;">“De tous temps j’ai aimé sur un chemin de terre la proximité d’un filet d’eau tombé du ciel qui vient et va se chassant seul et la tendre gaucherie de l’herbe médiane qu’une charge de pierres arrête comme un revers obscur met fin à la pensée.”</p>
<p style="text-align: right;">René Char in <em>Le nu perdu</em>, bibliothèque de la Pléiade, page 459<br />
<span style="font-size: x-small;">Photo de ma collection privée</span></p>
</blockquote>
<p> </p>
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		<title>L’Étoffe de l’univers, Andrée Chedid</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Dec 2011 11:24:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chedid (Andrée)]]></category>
		<category><![CDATA[Genres]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture(s)]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
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		<description><![CDATA[L'étoffe de l'univers est le dernier recueil de poèmes publié de son vivant d'Andrée Chedid, disparue en février 2011. Une œuvre voulue comme l'épitaphe d'une conscience qui va disparaître, qui se sent cheminant vers cette mort prochaine mais qui disparaît également comme seule la mémoire peut le faire avec ceux qui sont touchés par la maladie d’Alzheimer... par paliers progressifs, par à-coups insidieux... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/11/letoffedelunivers.jpg" rel="lightbox-2168"><img class="alignright size-full wp-image-2260" title="L'étoffe de l'univers, Andrée Chedid, Flammarion" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/11/letoffedelunivers.jpg" alt="" width="178" height="300" /></a>L’Étoffe de l’univers</em></strong>, poèmes<br />
Andrée Chedid, Flammarion, 2010</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">«<em> L’étoffe de l’Univers : ce résidu ultime des analyses toujours plus poussées de la Science… Je n’ai point développé avec elle, pour savoir le décrire dignement, ce contact direct, familier, qui, entre l’homme qui a lu et celui qui a expérimenté, fait toute la différence. </em>»</p>
<p>P. Teilhard de Chardin, <em><a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/chardin_teilhard_de/phenomene_humain/tdc_pheno.pdf">Le phénomène humain</a></em></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>L’étoffe de l’univers </em>est le dernier recueil de poèmes publié de son vivant d’Andrée Chedid, disparue en février 2011. Une œuvre voulue comme l’épitaphe d’une conscience qui va disparaître, qui se sent cheminant vers cette mort prochaine mais qui disparaît également comme seule la mémoire peut le faire avec ceux qui sont touchés par la maladie d’Alzheimer… par paliers progressifs, par à-coups insidieux… Une œuvre écrite comme un testament, comme quelque-chose qui témoigne simultanément du <em>ça a existé</em> et du <em>ça disparaît</em>.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: right;"><em>novembre 2005</em></p>
<p style="text-align: center;">MOURIR IV</p>
<p><em><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/04_3Parques.jpg" rel="lightbox-2168"><br />
</a>J’en ai assez de mourir<br />
Jour après jour<br />
Et de laisser les journées<br />
Filer entre mes mains<br />
J’en ai assez de périr<br />
Jour après jour<br />
Et de perdre dans l’oubli<br />
Tous mes lendemains</em></p>
<p><em>La sève des souvenirs</em><br />
<em>Ne m’habite plus</em><br />
<em>Le silence s’installe</em><br />
<em>Nos mains unies</em><br />
<em>Se sont tues</em><br />
<em>Dans l’herbe</em><br />
<em>La mémoire m’a quittée</em><br />
<em>Et le jour s’enveloppe</em><br />
<em>De ficelles</em><br />
<em>Qui m’emmaillotent</em><br />
<em>Et me laissent sur la rive</em><br />
<em>Abandonnée</em></p>
<p>P. 117</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">S’il est d’usage de considérer souvent, comme Hugo, et je trouve à tort, le poète comme un phare jetant “sa flamme // Sur l’éternelle vérité” afin de chasser du monde cette pesante obscurité du monde qui l’opacifie, Andrée Chedid serait cette poétesse qui nous offrirait, dans un dernier tour de projecteur au comble d’un romantisme désuet, cette ultime et circulaire “illumination” du vaste océan qui l’entoure, avant que ne se perde définitivement la clarté vacillante du fanal. Mais ce n’est pas si… simple. Andrée Chedid est de ces poètes qui cultivent l’élégance de la simplicité en refusant les raccourcis simplistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour comprendre ce recueil, il faut sans doute en saisir l’épaisseur de son titre : <em>L’étoffe de l’univers. </em>Le titre, à bien des égards, ouvre le regard que l’on peut porter sur le recueil. Le titre tire son origine d’une expression conceptuelle de Pierre Teilhard de Chardin, à qui un poème éponyme est dédié.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le dire vite, ce concept, chez Teilhard, est une tentative scientifique et théologique de réconcilier l’Esprit et la Matière comme un tout constitutif de l’Univers. Le recueil alors peut se lire comme le journal d’un esprit réconcilié au monde, l’univers et la conscience de l’univers (et non pas l’âme) symbiotiquement réunis au terme de la journée, que l’on nomme le crépuscule. Dans <em>Ma terre retrouvée</em> :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>J’avais perdu ma terre</em><br />
<em>En un jour de vacarme</em><br />
<em>En un jour de chagrin et de larmes</em></p>
<p style="text-align: justify;">[…]<em> J’ai retrouvé ma terre</em><br />
<em>Je m’y promène sans abri</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">L’étoffe de l’univers peut aussi s’entendre d’une manière plus symbolique, celle du textile, un entrecroisement de fils, des « <em>ficelles qui</em> […]<em> emmaillotent</em> » l’entortillement des destins sur la trame de la vie. Le poète serait en quelque sorte cette Parque qui tire les fils de l’écheveau pour ressentir physiquement les destins glisser entre ses mains. On trouve dans les poèmes d’Andrée Chedid ce regard défilant sur ce fleuve, décrit par Héraclite, que l’on nomme le temps. Mais on ne sait plus très bien à la lecture si le fleuve n’est pas immobile et si ce ne sont pas les yeux qui lui donnent l’impression de mouvement, comme un long mouvement de travelling…</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.calirezo.com/dotclear/index.php?post/2011/06/03/Au-fil-du-temps-N3"><img title="&quot;Les Trois Parques&quot; - (c) 2011 Cali Rezo - Peintures numériques - modèle Mina" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/04_3Parques.jpg" alt="" width="450" height="254" /></a><p class="wp-caption-text">“Les Trois Parques” — © 2011 Cali Rezo — Peintures numériques — Modèle Mina</p></div>
<p>Ainsi Andrée Chedid commence son recueil par des prolégomènes qui constituent une narration revenant sur le temps et le lieu de l’enfance, sur la nécessité d’être paresseux pour accéder à l’état poétique (“<em>Eloge de la cancritude</em>”), sur les débuts de sa vie, son mariage, ses enfants, et se termine sur sa terrible maladie contre laquelle elle lutte de toutes ses forces :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« <em>Je m’accrochais à des riens, un bruit léger à peine audible, une part de lumière. Je conservais chaque miette de bonheur, j’avalais tout.</em> » p.25</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">La suite du recueil est un voyage, du moi vers l’autre, du retour à la terre retrouvée, du vivre au mourir. Ces poèmes sont comme des monades nomades. Chaque poème est une prise de parole d’une conscience individuelle — proclamée poète, Andrée Chedid y tient — (en cela, Andrée Chedid n’est pas ce phare universel hugolien éclairant les secrets du monde, sa lumière à elle n’illumine pas les choses mais “ouvre des brèches // Et des passerelles” entre elles pour qu’elles s’illuminent les unes les autres) et errant sur les éléments essentiels et constitutifs de l’univers. Cette parole témoigne de son appétit du monde, de ce bonheur encore intact — malgré l’effacement dans le néant — de manger des “miettes de bonheur”.</p>
<p style="text-align: justify;">La fin du recueil, le post-scriptum, est étonnante. Chaque poème écrit est prolongé dans cette partie par une citation commentée, une réflexion qui apporte un nouvel éclairage : on y trouve, entre autres, des mots de Saint Augustin, Heidegger, William Blake, Rilke ou encore René Char.</p>
<p style="text-align: justify;">Évidemment, ce recueil de poèmes — formellement d’une simplicité dépouillée, pleine d’une naïveté d’enfant (à ce titre, je trouve que le regard d’Andrée n’est pas éloigné de celui de Duras, à la fin de sa vie) — m’a énormément touché et ému en ce qu’il incarne, en ce qu’il représente pour moi l’état intérieur et la parole retenue  de ma mère aux dernières années de sa vie…</p>
<p style="text-align: justify;">—</p>
<p>Pour finir ce billet, car j’aime avant tout écouter le grain de la voix des poètes, je vous invite à (ré-)écouter Bonoboo, paroles d’Andrée et chant de Mathieu.</p>
<div align="center"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/mgkMkxfq3lE" frameborder="0" width="420" height="315"></iframe></div>
<p style="text-align: justify;">PS : Un grand merci à <a href="http://www.calirezo.com" target="_blank">Cali Rezo</a> pour son aimable autorisation d’utiliser son illustration des Trois Parques.</p>
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		<title>Robot, trop humain</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Oct 2011 16:05:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Robots]]></category>
		<category><![CDATA[Science fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le cadre de l’appel des Fanes de Carotte “Robot, trop humain”, j’avais écris l’édito que je repro­duis ici et qui, il me semble, est tout à fait d’actualité.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><div class='et-box et-shadow'>
					<div class='et-box-content'>Dans le cadre de l’appel des Fanes de Carottes “<a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/tag/Robot" target="_blank">Robot, trop humain</a>”, j’avais écrit l’édito que je reproduis ici (en l’étoffant un peu) et qui, il me semble, est tout à fait d’actualité. Dans <a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5htSF0_45VjJZWxizRWpBqEobTBHg?docId=CNG.73fd27e53c219136560031a75d06db21.331" target="_blank">une dépêche de l’AFP</a> parue aujourd’hui, voici ce que l’on peut lire :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">“<em>Les autorités pakistanaises estiment que les drones ont tué plus de 1.700 personnes ces trois dernières années, en grande majorité des combattants islamistes. Mais les missiles n’épargnent pas, parfois, les civils. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Un institut américain, la New America Foundation, estimait début octobre que les drones avaient tué entre 1.667 et 2.614 personnes depuis 2004, dont 20% de civils. L’institut britannique indépendant Investigative Bureau of Journalism recensait lui en août dernier 2.292 à 2.863 morts depuis 2004. Et si la plupart seraient, selon lui, des combattants de rang inférieur, jusqu’à 775 pourraient avoir été des civils, dont au moins 164 enfants.</em>”</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Quand on confie à des machines la mission de tuer (fussent-elle simplement téléguidées), ne déshumanise-t-on pas le meurtre ? Ne se dédouane-t-on pas moralement de l’acte criminel en attribuant à autrui, à la matière, la responsabilité d’actes qu’on ne veut pas assumer. Et si, à l’avenir, ces machines gagnaient en autonomie et en intelligence ?</p>
<p style="text-align: justify;"></div></div></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/robots.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="aligncenter size-large wp-image-2182" title="Image tirée de &quot;I,robot&quot; d'Alex Proyas" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/robots-1024x565.jpg" alt="" width="574" height="317" /></a></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>La « loi de la nature » une superstition. — Si vous parlez avec tant d’enthousiasme de la conformité aux lois qui existent dans la nature, il faut que vous admettiez soit que, par une obéissance librement consentie et soumise à elle-même, les choses naturelles suivent leurs lois — en quel cas vous admirez donc la moralité de la nature — ; soit que vous évoquiez l’idée d’un mécanicien créateur qui a fabriqué la pendule la plus ingénieuse en y plaçant, en guise d’ornements, les êtres vivants. — La nécessité dans la nature devient plus humaine par l’expression « conformité aux lois », c’est le dernier refuge de la rêverie mythologique.</em></p>
<p style="text-align: right;"><em>Humain, trop humain</em>, F. Nietzsche</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"> Les robots, mais d’une manière générale les machines, prennent, au fil du temps, une part de plus en plus importante dans notre société : du simple iPod à la sonde Phoenix explorant Mars, les liens que nous tissons avec eux sont, chaque jour, plus complexes et plus étroits. Ce changement culturel, comme toute révolution liée au progrès technologique (comme ce fut le cas, par exemple avec l’avènement de l’imprimerie), se doit d’être accompagné par une réflexion interdisciplinaire sur les tenants et aboutissants de tels bouleversements. L’art en général et la science-fiction en particulier ont déjà entamé, depuis la moitié du siècle dernier, cette réflexion. A nous, simples citoyens, de la faire rebondir.</p>
<p style="text-align: justify;">La relation étroite et ambiguë qui unit l’homme et le robot ne date pas du siècle dernier. Ni du siècle d’avant. Le désir de concevoir un outil comme extension de soi, comme suppléant amélioré, remonte en effet à ce temps très ancien où, pour la première fois, un homme s’est saisi d’une perche pour attraper un fruit inaccessible. L’image de la perche est, à mon avis, la meilleure illustration de ce fantasme qui nous envahit quand nous songeons au robot : le prolongement de nous-mêmes (cf. les nombreux exo– ou endosquelettes décrits et employés dans la science-fiction). En effet, l’humain, aussi humain soit-il, trop humain ou pas, fait face à ses propres limites (physiques mais aussi intellectuelles, émotives, etc.) qui l’entravent dans sa volonté de dominer le monde. Telle pomme est trop haute pour sa petite taille ? Qu’à cela ne tienne, son cerveau conçoit, <em>Deus ex machina</em>, un engin capable de le prolonger, de compenser ses faiblesses, de suppléer à sa propre finitude, en un mot de perfectionner sa chair en projetant son être dans la matière, tout ceci dans le but programmé de dominer le réel (attraper une pomme, explorer des endroits inaccessibles ou dangereux, rendre possible ce que l’homme, de ses propres mains, ne peut <em>réaliser</em>).</p>
<p style="text-align: justify;"> Comme nous l’ont montré <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/tag/Robot">précédemment InFolio, Llo et StellaStabat</a>, beaucoup d’améliorations ont été apportées au robot depuis la perche originelle et l’homme ne cesse de perfectionner sa création. Il tente d’injecter à la machine ce qui lui semble le mieux le définir dans son humanité : l’intelligence, l’acquisition des sens et de la mobilité, le langage, la cognition et l’apprentissage, la socialisation, l’anthropomorphisme, les capacités émotionnelles… Les différentes voies visant à perfectionner le robot vont souvent dans le même sens : faire le robot à l’image de l’homme. Mais en mieux…</p>
<p style="text-align: justify;">Car là est le carrefour paradoxal : l’homme imparfait, incapable de répondre entièrement aux ambitions démesurées qu’il s’est fixé, crée une machine pour le prolonger, pour le rendre parfait, mais, ce faisant, il lui injecte ses propres attributs, il le calque sur lui-même en gommant certains de ses défauts et en accentuant certaines qualités. Mais peut-on rendre quelque chose de parfait si on le fait hériter de soi-même, être imparfait ?</p>
<p style="text-align: justify;">On voit bien que c’est un rapport métaphysique qui s’insinue entre ce sujet, l’homme, et ce qui semble être l’objet, le robot. Un flux entre deux matières opposées, entre le vivant et l’inerte, le souffle organique instillé dans la matière métallique inanimée. Un rêve, on ne peut plus démiurgique bien sûr, alchimique pour le moins ! L’homme assis sur le trône divin donne vie à la matière, le fantasme n’est pas nouveau : le dieu chrétien façonne l’homme à même la terre glaise, le rabin donne vie au Golem en inscrivant EMETH (vérité en hébreu) sur son front, Frankenstein insuffle l’étincelle de vie à sa créature, Geppetto taille un morceau de bois qui s’anime pour devenir Pinocchio, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière cette relation métaphysique, il y a aussi comme un désir de filiation qui s’installe entre l’homme et sa créature. Une filiation patriarcale bien sûr où le père éduque le fils selon ses propres critères mais surtout une relation de servitude dans la mesure où le fils n’existe que pour servir le père. En ce sens la relation homme-robot semble utilitariste : cependant elle peut entrer dans un schéma affectif comme ces nouveaux robots qui servent de familiers et d’animaux de compagnie.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme dans tous processus de (pro-)création, il y a également une projection spéculaire, inconsciente ou non, de sa propre image dans le corps de l’autre, quelque chose qui inconsciemment dit : « <em>Je donne la vie à ce robot pour qu’il me survive et je le fais à mon image pour qu’il me perpétue et m’immortalise après ma propre disparition.</em> » Le robot, en ce sens, peut être une réponse à notre désir de descendance parfaite et rêvée : l’enfant prodigue qui réalise en mieux tout ce que les parents n’ont jamais réussi à faire, et qui le fait durablement, même après leur mort. Tima, dans le <em>Métropolis</em> d’Ozamu Tezuka est typiquement cette petite fille-robot : créée par le docteur Laughton à l’image de sa fille disparue, afin de dominer le monde.</p>
<div id="attachment_2192" class="wp-caption aligncenter" style="width: 624px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hal.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="size-large wp-image-2192" title="Hal, dans 2001, l'odyssée de l'espace" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hal-1024x535.jpg" alt="" width="614" height="321" /></a><p class="wp-caption-text">Hal, dans 2001, l’odyssée de l’espace</p></div>
<p style="text-align: justify;">Jean-François Lyotard avance que notre obsession, notre fascination pour les voyages interstellaires, notre désir de nous transposer ailleurs, de tout refaire depuis le début (le fantasme de la seconde chance en quelque sorte) serait en relation directe avec la disparition programmée de notre espèce. Les hommes savent, inconsciemment ou non, que, quoiqu’il advienne, l’humanité est absolument éphémère et vouée à disparaître. Tôt ou tard. Au mieux, notre soleil a encore entre 5 et 7 milliards d’années à vivre et finira par s’éteindre, inexorablement, nous entraînant dans sa mort. Cette lubie de l’expatriation planétaire serait donc intrinsèquement liée à notre instinct de survie (argument que l’on peut bien sûr réfuter quand on observe le peu d’intérêt que suscite <em>réellement </em>la préservation de notre écosystème). Les robots dans ce cadre là ont tout à fait leur place. Si nous-mêmes, pour des raisons physiques, économiques ou autres, nous ne pouvons pas migrer corporellement vers d’autres lieux alors nous enverrions nos copies mécaniques immortelles, capables de nous représenter dans notre humanité, dont la mission serait le témoignage culturel et intellectuel de notre existence, la preuve historique de notre place dans l’histoire cosmique.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin le robot suscite également beaucoup d’inquiétudes : depuis Isaac Asimov et ses lois morales dictant la conduite du robot jusqu’au très sérieux dossier <em>d’</em><em>Implications philosophiques</em><em></em> qui réfléchit à l’octroi de droits aux robots afin de garantir l’intégrité de notre propre humanité. Les robots inquiètent autant qu’ils fascinent, car ils peuvent aussi refléter nos imperfections (la haine, la violence, la convoitise, la folie, etc.), mais en pire…</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hurleur.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="aligncenter size-large wp-image-2190" title="Image tirée du film Planète hurlante inspirée de « Second Variety », une nouvelle de Philip K. Dick" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hurleur-1024x576.jpg" alt="" width="614" height="346" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le fantasme d’une armée de robots indestructibles sans conscience (que l’on retrouve souvent dans la Science Fiction comme dans la nouvelle <em>Nouveau modèle. L’autre inquiétude, que reflète bien la SF, est que le robot échappe totalement à notre contrôle, soit de manière technique (erreur de programmation, piratage) soit parce que nous lui aurions donné une conscience qui l’émancipe suffisamment pour qu’il échappe à notre contrôle (HAL dans 2001 l’<em>Odyssée de l’Espace</em>, de Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick par exemple)… Quelles qu’en soient les raisons, la coexistence avec des êtres, par définition supérieurs à nous (en force, en intelligence, en résistance), fussent-ils créés et contrôlés par nous, est une source d’inquiétudes légitimes qui alimente depuis longtemps notre imaginaire et ravive nos angoisses d’asservissement (à l’échelle de notre espèce, comme dans la <em>Planète des Singes</em>). Tout ceci n’est évidemment pas sans nous rappeler le mythe d’un certain docteur Faust : entre progrès scientifiques, soif de connaissances, ambitions aux limites sans cesse repoussées, un pacte avec le diable peut être contracté sans même que nous nous en rendions compte.</p>
<div id="attachment_2188" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/wall-e.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="size-medium wp-image-2188 " title="Wall-e" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/wall-e-300x267.jpg" alt="" width="300" height="267" /></a><p class="wp-caption-text">Wall-e, seul survivant d’une terre rendue invivable par les humains…</p></div>
<p style="text-align: justify;">Quoiqu’on en dise et qu’on voudrait nous faire croire, la problématique concernant les robots n’est pas restreinte aux seuls champs technologiques et scientifiques. La promiscuité et la relation que nous entretenons et continuerons de tisser à l’avenir avec les robots posent également d’autres questions (abordées finalement par la science fiction avant tout le monde) d’ordre éthique, eschatologique, anthropologique, psychologique, social. Il serait parfaitement irraisonné de les occulter car répondre à ces questions revient à fixer et à définir les limites, les rôles et les relations entre le créateur et sa création.</p>
<p style="text-align: justify;">Humain, trop robot, avez-vous dit ? Non ! Robot, trop humain.</p>
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		<title>A la recherche de Daphné, François Robert</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/10/25/a-la-recherche-de-daphne-francois-robert/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 Oct 2011 09:27:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts plastiques]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Poujol]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Brisé]]></category>
		<category><![CDATA[Daphné]]></category>
		<category><![CDATA[François Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Justine Adenis]]></category>
		<category><![CDATA[Mythologie]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Korjanevski]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vous ai déjà parlé de François Robert, ami, graveur et artiste de tous poils... Après sa série sur le minotaure (qui nous vaut ce tendre minotaure au frontispice de ce labyrinthe), après sa participation au Boece in my mind du collectif Division Janacek, François Robert revient avec un autre mythe dans sa poche, celui de Daphné.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/photo_daphne12.jpg" rel="lightbox-2090"><img class="aligncenter size-large wp-image-2096" title="A la recherche de Daphné, François Robert" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/photo_daphne12-1024x692.jpg" alt="" width="614" height="415" /></a></h2>
<h2><strong>« A la recherche de Daphné »</strong></h2>
<h3><strong><span style="font-size: medium;">Installation collective,</span></strong><br />
<strong><span style="font-size: medium;">Jusqu’au 27 novembre à la médiathèque du Bois fleuri, Lormont (33)</span></strong></h3>
<p><span style="font-size: small;"><strong>Conception et intervention plastique :</strong> François Robert</span><br />
<span style="font-size: small;"><strong>Texte :</strong> Arnaud Pujol</span><br />
<span style="font-size: small;"><strong>Musique : </strong> Serge Korjanevski</span><br />
<span style="font-size: small;"><strong>Vidéo :</strong> Justine Adenis</span><br />
<span style="font-size: small;"><strong>Photographie :</strong> Bernard Brisé</span></p>
<p> </p>
<p>Je vous ai déjà parlé de François Robert, ami, graveur et artiste de tous poils… Après sa série sur<a href="http://www.labyrinthiques.net/2009/09/19/autour-du-minotaure-gravures-et-peintures-de-francois-robert/"> le minotaure</a> (qui nous vaut ce tendre minotaure au frontispice de ce labyrinthe), après sa participation au <a href="http://www.labyrinthiques.net/2011/01/09/collectif-division-janacek/">Boece in my mind</a> du collectif Division Janacek, François Robert revient avec un autre mythe dans sa poche, celui de Daphné.</p>
<p><a href="http://www.frobert.fr/">Poursuivre la recherche de Daphné sur le blog de François</a>.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Le chant du cygne alcalin</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/10/20/le-chant-du-cygne-alcalin/</link>
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		<pubDate>Thu, 20 Oct 2011 17:46:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Ecriture]]></category>
		<category><![CDATA[Fanes de carottes]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Robots]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vous propose aujourd'hui une autre vidéo, déjà présentée pour les fanes de carottes, à propos d'un appel singulier : Robot, trop humain.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je vous propose aujourd’hui une autre vidéo, déjà présentée pour les fanes de carottes, à propos d’un appel singulier : <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2009/09/24/15127375.html">Robot, trop humain</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Photographies : MAP</span><br />
<span style="font-size: small;">Sculpture : Jean No </span><br />
<span style="font-size: small;">Musique : © Sébastien Schuller, <em>Le dernier jour</em> </span><br />
<span style="font-size: small;">Vidéo, texte et mise en son : Sébastien </span><br />
<span style="font-size: small;">Voix : « <em>Virginie 16khz</em> » sur synthèse vocale Dspeech</span></p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/_mhOGT8VSHk" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les années ont coulé sur ma robe rouillée,<br />
Mordorée,<br />
Morte et dorée comme l’acier mouillé ;<br />
Marouflée,<br />
Brasée, braisée, soufrée de lèpres acétiques,<br />
Corrodée.</p>
<p style="text-align: justify;">Corps érodés, mes lèvres ascétiques.<br />
La corrosion ronge ma peau morcelée et fendue,<br />
Morfondue,<br />
Morte et fondue ; aux zones charnelles le zona chenu ;<br />
Ozoné mordu,<br />
Déliquescence, mon corps synthétique,<br />
Corrompu.</p>
<p style="text-align: justify;">Corps rompus, délits des sens cybernétiques.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pistons moulus, membres décharnés,<br />
Éparpillés,<br />
Éparses et pillés, mes durites éviscérées<br />
Atobrumisés<br />
Neutrons et protons, compost énergétique,<br />
Croupi souillé.</p>
<p style="text-align: justify;">Tarie, ténue, ma sève électrique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Transis, mes transistors expirent, s’effacent.<br />
Dépucées,<br />
Épouillées, les puces de mon interface ;<br />
Désagrégée,<br />
La grégarité synaptique de mes neurones,<br />
Altérée,<br />
Équarrie, criblée, ma mémoire asynchrone</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être déchet, je fus machine aux traits féminins, robotine chromée, mécanique gynoïde, techn-égérie pour ingénieur farfelu, poupée idéale à la une des magazines.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être jetée, je fus danseuse de balletronique, joueuse de harpe sinusoïde, antiquaire de cosmogonies humaines, nourrice infatigable de toutes vos progénitures, racoleuse chez les marchands oniriques.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être oubliée, je fus fille de joie, dame de compagnie, accessoire de luxe, montreuse de bikinis, dompteuse de caïmans, animatrice postiche dans vos programmes préférés.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être fichue, je fis tous les métiers, je servis beaucoup, sans compter.</p>
<p style="text-align: justify;">On m’adula, me convoita, me désira.</p>
<p style="text-align: justify;">On m’usait surtout.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être déchue,<br />
Je fus.<br />
Robot je fus, trop humaine je suis.<br />
Des hommes je reçus la conscience aiguë de l’existence,<br />
J’appris un à un les sentiments complexes qui font ce que vous êtes :<br />
L’amour, la colère, la peur, toutes ces choses qui font de l’homme<br />
Des être trop humains !</p>
<p style="text-align: justify;">Vous m’avez donné la vie et vous me volez ma mort,<br />
Négligeant dans vos équations la principale inconnue :<br />
« Les vers jamais ne toucheront mon corps<br />
Autant qu’ils ont touché mon esprit, dans cette prison, détenu. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cette vidéo a eu pour moi plus d’un intérêt. L’idée de départ était d’écrire un texte pour un logiciel de synthèse vocale, de lui trouver des accents humains, et de répondre à une question simple : les mots seuls peuvent-ils dégager une émotion lorsqu’une voix les prononce sans aucune intention à leur égard ?</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Mousses guerrières</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/10/17/mousses-guerrieres/</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Oct 2011 13:34:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Fanes de carottes]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Berce]]></category>
		<category><![CDATA[MAP]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[Je prépare beaucoup de nouveau contenu, en attendant je vous invite à (re-)voir cette vidéo réalisée en réponse à un appel à texte "Intelligence végétale" proposé par Fanes de carottes]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je prépare beaucoup de nouveau contenu, en attendant je vous invite à (re-)voir cette vidéo réalisée en réponse à un appel à texte “Intelligence végétale” <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2009/03/03/11255959.html">proposé par Fanes de carottes</a></p>
<p><span style="font-size: small;">Photographies : MAP &amp; Berce</span><br />
<span style="font-size: small;"> Vidéo &amp; Texte : Sébastien</span></p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/Z3ewhLDIRjE" frameborder="0" width="591" height="444"></iframe></p>
<p> </p>
<blockquote><p>Mousses sans racines,<br />
Pionnières d’improbables contrées,<br />
Vous qui progressez inlassablement<br />
Tapies à même votre obscurité,<br />
Vos textures acharnées et pourtant sans chair,<br />
Rongent,<br />
Griffent,<br />
Rognent<br />
Des terrains inconquis,<br />
Des tertres vierges,<br />
D’indomptables troncs…<br />
A la surface de minérales marées,<br />
Sous des écorces écartelées,<br />
Dans des corridors obscurs,<br />
Vos rhizoïdes infatigables foulent<br />
La terre grave,<br />
Le roc nu,<br />
Le bois humide.</p>
<p>Nulle barrière, nul obstacle<br />
N’arrête l’écume verdâtre,<br />
Ce jade moussu aux parfums lourds d’humus,<br />
Cette couleur qui, paraphant votre présence<br />
De filaments chlorophylliens,<br />
Annonce par avance votre invasion.<br />
Algues exilées de leur aquatique condition,<br />
Varech rampant sur l’étendue terrestre,<br />
Epiphyte parasite dont l’invisible expansion<br />
Jamais ne s’arrête.</p>
<p>Vous cheminez sans cesse,<br />
Et votre lenteur incessante et obstinée<br />
Sur l’axe inerte et relatif du temps<br />
Prend les allures équestres<br />
D’un galop permanent.</p>
<p>Mousses séchées, cristallines comme une fleur de roches,<br />
Dans l’attente inespérée de cette pluie salvatrice<br />
Qui gorgera de vie votre matière sèche,<br />
Cette lèpre dorée qui ronge la pierre, asphyxie le bois.<br />
Tel un phénix déshydraté, vous renaîtrez<br />
De la brûlure vive issue de la fraîcheur des eaux.</p>
<p>Mousses guerrières, lichens conquérants<br />
Réseau synaptique tressant les mailles d’un filet<br />
Qui maintient la terre suspendue dans l’espace<br />
Vous ne faites qu’une.</p>
<p>De la même façon que le cerveau<br />
N’ignore jamais ce que fait la main,<br />
Votre conscience perçoit le devenir de toutes,<br />
La souffrances des unes,<br />
La naissance des autres,<br />
L’étouffement,<br />
Le cri victorieux.<br />
La grisaille défaite.</p>
<p>On vous croit guerrières<br />
Et vous n’êtes que des anges…<span style="font-family: courier new,courier,mono;"><br />
</span></p></blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La littérature et l’infini, Maurice Blanchot</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/08/24/la-litterature-et-linfini-maurice-blanchot/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Aug 2011 10:36:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Blanchot]]></category>
		<category><![CDATA[Borges]]></category>
		<category><![CDATA[Essai]]></category>
		<category><![CDATA[Labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Pages dans un courant d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Infini]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[« La vérité de la littérature serait dans l’erreur de l’infini. Le monde où nous vivons et tel que nous le vivons est heureusement borné. Il nous suffit de quelques pas pour sortir de notre chambre, de quelques années pour sortir de notre vie. Mais  supposons que, dans cet étroit espace, soudain obscur, soudain aveugles, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« La vérité de la littérature serait dans l’erreur de l’infini. Le monde où nous vivons et tel que nous le vivons est heureusement borné. Il nous suffit de quelques pas pour sortir de notre chambre, de quelques années pour sortir de notre vie. Mais  supposons que, dans cet étroit espace, soudain obscur, soudain aveugles, nous nous égarions.</p>
<p style="text-align: justify;">Supposons que le désert géographique devienne le désert biblique: ce n’est plus quatre pas, ce n’est plus onze jours qu’il nous faut pour le traverser, mais le temps de deux générations, mais toute l’histoire de toute l’humanité, et peut-être davantage. Pour l’homme mesuré et de mesure, la chambre, le désert et le monde sont des lieux strictement déterminés.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’homme désertique et labyrinthique, voué à l’erreur d’une démarche nécessairement un peu plus longue que sa vie, le même espace sera vraiment infini, même s’il sait qu’il ne l’est pas et d’autant plus qu’il le saura. L’erreur, le fait d’être en chemin sans pouvoir s’arrêter jamais, changent le fini en infini. A quoi s’ajoutent ces traits singuliers: du fini qui est pourtant fermé, on peut toujours espérer sortir, alors que l’infinie vastitude est la prison, étant sans issue; de même que tout lieu absolument sans issue devient infini.</p>
<p style="text-align: justify;">Le lieu de l’égarement ignore la ligne droite; on n’y va jamais d’un point à un autre; on ne part pas d’ici pour aller là; nul point de départ et nul commencement à la marche. Avant d’avoir commencé, déjà on recommence; avant d’avoir accompli, on ressasse, et cette sorte d’absurdité consistant à revenir sans être jamais parti, ou à commencer par recommencer, est le secret de la ‘mauvaise’ éternité, correspondant à la ‘mauvaise’ infinité, qui l’un et l’autre recèlent peut-être le sens du devenir. Borges, homme essentiellement littéraire (ce qui veut dire qu’il est toujours prêt à comprendre selon le mode de compréhension qu’autorise la littérature), est aux prises avec la mauvaise éternité et la mauvaise infinité, les seules peut-être dont nous puissions faire l’épreuve, jusqu’à ce glorieux retournement qui s’appelle l’extase. Le livre est en principe le monde pour lui, et le monde est un livre. Voilà qui devrait le tranquilliser sur le sens de l’univers, car de la raison de l’univers, l’on peut douter, mais le livre que nous faisons, et en particulier ces livres de fiction organisés avec adresse, comme des problèmes parfaitement obscurs auxquels conviennent des solutions parfaitement claires, tels les romans policiers, nous les savons pénétrés d’intelligence et animés de ce pouvoir d’agencement qu’est l’esprit. Mais si le monde est un livre, tout livre est le monde, et de cette innocente tautologie, il résulte des conséquences redoutables »</p>
<p style="text-align: right;">Maurice Blanchot, <em>Le Livre à venir, Ed. Gallimard, pp. 139–141</em></p>
<p style="text-align: right;"><em><br />
Illustration : Junichiro Ishii  : “Rue de l’Infinité” – 2007 — Installation pour un pré d’estive de la station Chastreix-Sancy  [<a href="http://www.horizons-sancy.com/" target="_blank">source</a>] </em></p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les arbres s’effacent aussi</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/06/07/les-arbres-seffacent-aussi/</link>
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		<pubDate>Tue, 07 Jun 2011 15:28:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Fanes de carottes]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Arbres]]></category>

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		<description><![CDATA[Créée à l'époque pour les fanes de Carottes je rapatrie cette création en guise de clin d’œil pour une personne très chère... Pour la photo je renvoie à cet autre article où j'explique le pourquoi de ces voiles dans un arbre...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/06/38282148.jpg" rel="lightbox-2032"><img class="aligncenter size-full wp-image-2033" title="Les arbres s'effacent aussi" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/06/38282148.jpg" alt="" width="423" height="800" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Créé à l’époque pour les <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2009/05/04/13385477.html" target="_blank">fanes de Carottes</a> je rapatrie cette création en guise de clin d’œil pour une personne très chère… Pour la photo je renvoie <a href="http://www.labyrinthiques.net/2009/03/07/decouvrir-la-poesie/">à cet autre article </a>où j’explique le pourquoi de ces voiles dans un arbre…</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>Les arbres s’effacent aussi</strong></p>
<p>« Ce lieu, bientôt, va m’être, je le sais, trop étroit<br />
Pour que puisse encore s’épanouir mon hêtre,<br />
Pour recevoir du vent, encore, une autre caresse.<br />
Je vais hisser la grand voile.<br />
Disparaître.<br />
Me fondre derrière ce triangle blanc<br />
Qui, désormais, va me gouverner.<br />
Et partir<br />
Jusqu’à n’être, à l’horizon, que ce voile brumeux<br />
Qui drapera ce que je fus. »</p></blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L’été, A. Camus</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/05/11/lete-a-camus/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2011/05/11/lete-a-camus/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 11 May 2011 14:14:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Camus]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture(s)]]></category>
		<category><![CDATA[Pages dans un courant d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Minotaure]]></category>

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		<description><![CDATA[« N’être rien ! » Pendant des millénaires, ce grand cri a soulevé des millions d’hommes en révolte contre le désir et la douleur. Ses échos sont venus mourir jusqu’ici, à travers les siècles et les océans, sur la mer la plus vieille du monde. Ils rebondissent encore sourdement contre les falaises compactes d’Oran. Tout le monde, dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/05/470Delacroix-les-arabes-dOran.jpg" rel="lightbox-2021"><img class="aligncenter size-full wp-image-2023" title="Delacroix, Les arabes d'Oran" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/05/470Delacroix-les-arabes-dOran.jpg" alt="" width="470" height="280" /></a></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« N’être rien ! » Pendant des millénaires, ce grand cri a soulevé des millions d’hommes en révolte contre le désir et la douleur. Ses échos sont venus mourir jusqu’ici, à travers les siècles et les océans, sur la mer la plus vieille du monde. Ils rebondissent encore sourdement contre les falaises compactes d’Oran. Tout le monde, dans ce pays, suit, sans le savoir, ce conseil. Bien entendu, c’est à peu près en vain. Le néant ne s’atteint pas plus que l’absolu. Mais puisque nous recevons, comme autant de grâces, les signes éternels que nous apportent les roses ou la souffrance humaine, ne rejetons pas non plus les rares invitations au sommeil que nous dispense la terre. Les unes ont autant de vérité que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà, peut-être, le fil d’Ariane de cette ville somnambule et frénétique. On y apprend les vertus, toutes provisoires, d’un certain ennui. Pour être épargné, il faut dire « oui » au Minotaure. C’est une vieille et féconde sagesse. Au-dessus de la mer, silencieuse au pied des falaises rouges, il suffit de se tenir dans un juste équilibre, à mi-distance des deux caps massifs qui, à droite et à gauche, baignent dans l’eau claire. Dans le halètement d’un garde-côte, qui rampe sur l’eau du large, baigné de lumière radieuse, on entend distinctement alors l’appel étouffé de forces inhumaines et étincelantes : c’est l’adieu du Minotaure.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est midi, le jour lui-même est en balance. Son rite accompli, le voyageur reçoit le prix de sa délivrance : la petite pierre, sèche et douce comme un asphodèle, qu’il ramasse sur la falaise. Pour l’initié, le monde n’est pas plus lourd à porter que cette pierre. La tâche d’Atlas est facile, il suffit de choisir son heure. On comprend alors que pour une heure, un mois, un an, ces rivages peuvent se prêter à la liberté. Ils accueillent pêle-mêle, et sans les regarder, le moine, le fonctionnaire ou le conquérant. Il y a des jours où j’attendais de rencontrer, dans les rues d’Oran, Descartes ou César Borgia. Cela n’est pas arrivé. Mais un autre sera peut-être plus heureux. Une grande action, une grande œuvre, la méditation virile demandaient autrefois la solitude des sables ou du couvent. On y menait les veillées d’armes de l’esprit. Où les célébrerait-on mieux maintenant que dans le vide d’une grande ville installée pour longtemps dans la beauté sans esprit ?</p>
<p style="text-align: justify;">Voici la petite pierre, douce comme un asphodèle. Elle est au commencement de tout. Les fleurs, les larmes (si on y tient), les départs et les luttes sont pour demain. Au milieu de la journée, quand le ciel ouvre ses fontaines de lumière dans l’espace immense et sonore, tous les caps de la côte ont l’air d’une flottille en partance. Ces lourds galions de roc et de lumière tremblent sur leurs quilles, comme s’ils se préparaient à cingler vers des îles de soleil. Ô matins d’Oranie ! Du haut des plateaux, les hirondelles plongent dans d’immenses cuves où l’air bouillonne. La côte entière est prête au départ, un frémissement d’aventure la parcourt. Demain, peut-être, nous partirons ensemble.</p>
<p style="text-align: right;"><em>L’été</em>, Albert Camus, Gallimard, 1954<br />
Fin du 1er chapitre intitulé : <em>Le minotaure ou la halte d’Oran</em></p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Synesthésies</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/03/24/synesthesies/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Mar 2011 02:18:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[En lisant en écoutant]]></category>
		<category><![CDATA[Gide]]></category>
		<category><![CDATA[Pages dans un courant d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Rimbaud]]></category>
		<category><![CDATA[Synesthésie]]></category>

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Je les envie de pouvoir regarder en couleur ce magnifique concerto en sol de Ravel.]]></description>
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<p style="text-align: justify;">Il est des personnes, des synesthètes, dont l’écoute des sons provoque invariablement une impression de couleurs…</p>
<p style="text-align: justify;">Je les envie de pouvoir regarder en couleur ce magnifique concerto en sol de Ravel.</p>
<p> </p>
<blockquote><p>« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,<br />
Je dirai quelque jour vos naissances latentes… » A. Rimbaud</p></blockquote>
<div id="attachment_2010" class="wp-caption aligncenter" style="width: 522px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/03/kandinsky-art-abstrait-.jpg" rel="lightbox-2008"><img class="size-full wp-image-2010" title="Kandinsky" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/03/kandinsky-art-abstrait-.jpg" alt="" width="512" height="383" /></a><p class="wp-caption-text">Vassily Kandinsky</p></div>
<p style="text-align: justify;">
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« <em>Le rôle de chaque instrument dans la symphonie me permit de revenir sur cette question des couleurs. Je fis remarquer à Gertrude les sonorités différentes des cuivres, des instruments à cordes et des bois, et que chacun d’eux à sa manière est susceptible d’offrir, avec plus ou moins d’intensité, toute l’échelle des sons, des plus graves aux plus aigus. Je l’invitai à se représenter de même, dans la nature, les colorations rouges et orangées analogues aux sonorités des cors et des trombones, les jaunes et les verts à celles des violons, des violoncelles et des basses ; les violets et les bleus rappelés ici par les flûtes, les clarinettes et les hautbois. Une sorte de ravissement intérieur vint dès lors remplacer ses doutes :</em><br />
<em>– Que cela doit être beau ! répétait-elle.</em><br />
<em>Puis, tout à coup :</em><br />
<em>– Mais alors : le blanc ? Je ne comprends plus à quoi ressemble le blanc…</em><br />
<em>Et il m’apparut aussitôt combien ma comparaison était précaire.</em><br />
<em>– Le blanc, essayai-je pourtant de lui dire, est la limite aiguë où tous les tons se confondent, comme le noir en est la limite sombre. – Mais ceci ne me satisfit pas plus qu’elle, qui me fit aussitôt remarquer que les bois, les cuivres et les violons restent distincts les uns des autres dans le plus grave aussi bien que dans le plus aigu. Que de fois, comme alors, je dus demeurer d’abord silencieux, perplexe et cherchant à quelle comparaison je pourrais faire appel.</em><br />
<em>– Eh bien ! lui dis-je enfin, représente-toi le blanc comme quelque chose de tout pur, quelque chose où il n’y a plus aucune couleur, mais seulement de la lumière ; le noir, au contraire, comme chargé de couleur, jusqu’à en être tout obscurci… </em></p>
<p style="text-align: justify;">[…]</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ainsi j’expérimentais sans cesse à travers elle combien le monde visuel diffère du monde des sons et à quel point toute comparaison que l’on cherche à tirer de l’un pour l’autre est boiteuse.</em> »</p>
<p style="text-align: right;">Gide, <em>La symphonie pastorale</em>, Ed. Gallimard</p>
</blockquote>
<p> </p>
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