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	<title>Labyrinthes avec vue &#187; Vue depuis le labyrinthe</title>
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		<title>Robot, trop humain</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Oct 2011 16:05:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fanes de carottes]]></category>
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		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Robots]]></category>
		<category><![CDATA[Science fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le cadre de l’appel des Fanes de Carotte “Robot, trop humain”, j’avais écris l’édito que je repro­duis ici et qui, il me semble, est tout à fait d’actualité.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><div class='et-box et-shadow'>
					<div class='et-box-content'>Dans le cadre de l’appel des Fanes de Carottes “<a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/tag/Robot" target="_blank">Robot, trop humain</a>”, j’avais écrit l’édito que je reproduis ici (en l’étoffant un peu) et qui, il me semble, est tout à fait d’actualité. Dans <a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5htSF0_45VjJZWxizRWpBqEobTBHg?docId=CNG.73fd27e53c219136560031a75d06db21.331" target="_blank">une dépêche de l’AFP</a> parue aujourd’hui, voici ce que l’on peut lire :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">“<em>Les autorités pakistanaises estiment que les drones ont tué plus de 1.700 personnes ces trois dernières années, en grande majorité des combattants islamistes. Mais les missiles n’épargnent pas, parfois, les civils. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Un institut américain, la New America Foundation, estimait début octobre que les drones avaient tué entre 1.667 et 2.614 personnes depuis 2004, dont 20% de civils. L’institut britannique indépendant Investigative Bureau of Journalism recensait lui en août dernier 2.292 à 2.863 morts depuis 2004. Et si la plupart seraient, selon lui, des combattants de rang inférieur, jusqu’à 775 pourraient avoir été des civils, dont au moins 164 enfants.</em>”</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Quand on confie à des machines la mission de tuer (fussent-elle simplement téléguidées), ne déshumanise-t-on pas le meurtre ? Ne se dédouane-t-on pas moralement de l’acte criminel en attribuant à autrui, à la matière, la responsabilité d’actes qu’on ne veut pas assumer. Et si, à l’avenir, ces machines gagnaient en autonomie et en intelligence ?</p>
<p style="text-align: justify;"></div></div></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/robots.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="aligncenter size-large wp-image-2182" title="Image tirée de &quot;I,robot&quot; d'Alex Proyas" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/robots-1024x565.jpg" alt="" width="574" height="317" /></a></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>La « loi de la nature » une superstition. — Si vous parlez avec tant d’enthousiasme de la conformité aux lois qui existent dans la nature, il faut que vous admettiez soit que, par une obéissance librement consentie et soumise à elle-même, les choses naturelles suivent leurs lois — en quel cas vous admirez donc la moralité de la nature — ; soit que vous évoquiez l’idée d’un mécanicien créateur qui a fabriqué la pendule la plus ingénieuse en y plaçant, en guise d’ornements, les êtres vivants. — La nécessité dans la nature devient plus humaine par l’expression « conformité aux lois », c’est le dernier refuge de la rêverie mythologique.</em></p>
<p style="text-align: right;"><em>Humain, trop humain</em>, F. Nietzsche</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"> Les robots, mais d’une manière générale les machines, prennent, au fil du temps, une part de plus en plus importante dans notre société : du simple iPod à la sonde Phoenix explorant Mars, les liens que nous tissons avec eux sont, chaque jour, plus complexes et plus étroits. Ce changement culturel, comme toute révolution liée au progrès technologique (comme ce fut le cas, par exemple avec l’avènement de l’imprimerie), se doit d’être accompagné par une réflexion interdisciplinaire sur les tenants et aboutissants de tels bouleversements. L’art en général et la science-fiction en particulier ont déjà entamé, depuis la moitié du siècle dernier, cette réflexion. A nous, simples citoyens, de la faire rebondir.</p>
<p style="text-align: justify;">La relation étroite et ambiguë qui unit l’homme et le robot ne date pas du siècle dernier. Ni du siècle d’avant. Le désir de concevoir un outil comme extension de soi, comme suppléant amélioré, remonte en effet à ce temps très ancien où, pour la première fois, un homme s’est saisi d’une perche pour attraper un fruit inaccessible. L’image de la perche est, à mon avis, la meilleure illustration de ce fantasme qui nous envahit quand nous songeons au robot : le prolongement de nous-mêmes (cf. les nombreux exo– ou endosquelettes décrits et employés dans la science-fiction). En effet, l’humain, aussi humain soit-il, trop humain ou pas, fait face à ses propres limites (physiques mais aussi intellectuelles, émotives, etc.) qui l’entravent dans sa volonté de dominer le monde. Telle pomme est trop haute pour sa petite taille ? Qu’à cela ne tienne, son cerveau conçoit, <em>Deus ex machina</em>, un engin capable de le prolonger, de compenser ses faiblesses, de suppléer à sa propre finitude, en un mot de perfectionner sa chair en projetant son être dans la matière, tout ceci dans le but programmé de dominer le réel (attraper une pomme, explorer des endroits inaccessibles ou dangereux, rendre possible ce que l’homme, de ses propres mains, ne peut <em>réaliser</em>).</p>
<p style="text-align: justify;"> Comme nous l’ont montré <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/tag/Robot">précédemment InFolio, Llo et StellaStabat</a>, beaucoup d’améliorations ont été apportées au robot depuis la perche originelle et l’homme ne cesse de perfectionner sa création. Il tente d’injecter à la machine ce qui lui semble le mieux le définir dans son humanité : l’intelligence, l’acquisition des sens et de la mobilité, le langage, la cognition et l’apprentissage, la socialisation, l’anthropomorphisme, les capacités émotionnelles… Les différentes voies visant à perfectionner le robot vont souvent dans le même sens : faire le robot à l’image de l’homme. Mais en mieux…</p>
<p style="text-align: justify;">Car là est le carrefour paradoxal : l’homme imparfait, incapable de répondre entièrement aux ambitions démesurées qu’il s’est fixé, crée une machine pour le prolonger, pour le rendre parfait, mais, ce faisant, il lui injecte ses propres attributs, il le calque sur lui-même en gommant certains de ses défauts et en accentuant certaines qualités. Mais peut-on rendre quelque chose de parfait si on le fait hériter de soi-même, être imparfait ?</p>
<p style="text-align: justify;">On voit bien que c’est un rapport métaphysique qui s’insinue entre ce sujet, l’homme, et ce qui semble être l’objet, le robot. Un flux entre deux matières opposées, entre le vivant et l’inerte, le souffle organique instillé dans la matière métallique inanimée. Un rêve, on ne peut plus démiurgique bien sûr, alchimique pour le moins ! L’homme assis sur le trône divin donne vie à la matière, le fantasme n’est pas nouveau : le dieu chrétien façonne l’homme à même la terre glaise, le rabin donne vie au Golem en inscrivant EMETH (vérité en hébreu) sur son front, Frankenstein insuffle l’étincelle de vie à sa créature, Geppetto taille un morceau de bois qui s’anime pour devenir Pinocchio, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière cette relation métaphysique, il y a aussi comme un désir de filiation qui s’installe entre l’homme et sa créature. Une filiation patriarcale bien sûr où le père éduque le fils selon ses propres critères mais surtout une relation de servitude dans la mesure où le fils n’existe que pour servir le père. En ce sens la relation homme-robot semble utilitariste : cependant elle peut entrer dans un schéma affectif comme ces nouveaux robots qui servent de familiers et d’animaux de compagnie.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme dans tous processus de (pro-)création, il y a également une projection spéculaire, inconsciente ou non, de sa propre image dans le corps de l’autre, quelque chose qui inconsciemment dit : « <em>Je donne la vie à ce robot pour qu’il me survive et je le fais à mon image pour qu’il me perpétue et m’immortalise après ma propre disparition.</em> » Le robot, en ce sens, peut être une réponse à notre désir de descendance parfaite et rêvée : l’enfant prodigue qui réalise en mieux tout ce que les parents n’ont jamais réussi à faire, et qui le fait durablement, même après leur mort. Tima, dans le <em>Métropolis</em> d’Ozamu Tezuka est typiquement cette petite fille-robot : créée par le docteur Laughton à l’image de sa fille disparue, afin de dominer le monde.</p>
<div id="attachment_2192" class="wp-caption aligncenter" style="width: 624px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hal.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="size-large wp-image-2192" title="Hal, dans 2001, l'odyssée de l'espace" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hal-1024x535.jpg" alt="" width="614" height="321" /></a><p class="wp-caption-text">Hal, dans 2001, l’odyssée de l’espace</p></div>
<p style="text-align: justify;">Jean-François Lyotard avance que notre obsession, notre fascination pour les voyages interstellaires, notre désir de nous transposer ailleurs, de tout refaire depuis le début (le fantasme de la seconde chance en quelque sorte) serait en relation directe avec la disparition programmée de notre espèce. Les hommes savent, inconsciemment ou non, que, quoiqu’il advienne, l’humanité est absolument éphémère et vouée à disparaître. Tôt ou tard. Au mieux, notre soleil a encore entre 5 et 7 milliards d’années à vivre et finira par s’éteindre, inexorablement, nous entraînant dans sa mort. Cette lubie de l’expatriation planétaire serait donc intrinsèquement liée à notre instinct de survie (argument que l’on peut bien sûr réfuter quand on observe le peu d’intérêt que suscite <em>réellement </em>la préservation de notre écosystème). Les robots dans ce cadre là ont tout à fait leur place. Si nous-mêmes, pour des raisons physiques, économiques ou autres, nous ne pouvons pas migrer corporellement vers d’autres lieux alors nous enverrions nos copies mécaniques immortelles, capables de nous représenter dans notre humanité, dont la mission serait le témoignage culturel et intellectuel de notre existence, la preuve historique de notre place dans l’histoire cosmique.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin le robot suscite également beaucoup d’inquiétudes : depuis Isaac Asimov et ses lois morales dictant la conduite du robot jusqu’au très sérieux dossier <em>d’</em><em>Implications philosophiques</em><em></em> qui réfléchit à l’octroi de droits aux robots afin de garantir l’intégrité de notre propre humanité. Les robots inquiètent autant qu’ils fascinent, car ils peuvent aussi refléter nos imperfections (la haine, la violence, la convoitise, la folie, etc.), mais en pire…</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hurleur.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="aligncenter size-large wp-image-2190" title="Image tirée du film Planète hurlante inspirée de « Second Variety », une nouvelle de Philip K. Dick" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hurleur-1024x576.jpg" alt="" width="614" height="346" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le fantasme d’une armée de robots indestructibles sans conscience (que l’on retrouve souvent dans la Science Fiction comme dans la nouvelle <em>Nouveau modèle. L’autre inquiétude, que reflète bien la SF, est que le robot échappe totalement à notre contrôle, soit de manière technique (erreur de programmation, piratage) soit parce que nous lui aurions donné une conscience qui l’émancipe suffisamment pour qu’il échappe à notre contrôle (HAL dans 2001 l’<em>Odyssée de l’Espace</em>, de Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick par exemple)… Quelles qu’en soient les raisons, la coexistence avec des êtres, par définition supérieurs à nous (en force, en intelligence, en résistance), fussent-ils créés et contrôlés par nous, est une source d’inquiétudes légitimes qui alimente depuis longtemps notre imaginaire et ravive nos angoisses d’asservissement (à l’échelle de notre espèce, comme dans la <em>Planète des Singes</em>). Tout ceci n’est évidemment pas sans nous rappeler le mythe d’un certain docteur Faust : entre progrès scientifiques, soif de connaissances, ambitions aux limites sans cesse repoussées, un pacte avec le diable peut être contracté sans même que nous nous en rendions compte.</p>
<div id="attachment_2188" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/wall-e.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="size-medium wp-image-2188 " title="Wall-e" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/wall-e-300x267.jpg" alt="" width="300" height="267" /></a><p class="wp-caption-text">Wall-e, seul survivant d’une terre rendue invivable par les humains…</p></div>
<p style="text-align: justify;">Quoiqu’on en dise et qu’on voudrait nous faire croire, la problématique concernant les robots n’est pas restreinte aux seuls champs technologiques et scientifiques. La promiscuité et la relation que nous entretenons et continuerons de tisser à l’avenir avec les robots posent également d’autres questions (abordées finalement par la science fiction avant tout le monde) d’ordre éthique, eschatologique, anthropologique, psychologique, social. Il serait parfaitement irraisonné de les occulter car répondre à ces questions revient à fixer et à définir les limites, les rôles et les relations entre le créateur et sa création.</p>
<p style="text-align: justify;">Humain, trop robot, avez-vous dit ? Non ! Robot, trop humain.</p>
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		<title>A la recherche de Daphné, François Robert</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Oct 2011 09:27:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts plastiques]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Poujol]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Brisé]]></category>
		<category><![CDATA[Daphné]]></category>
		<category><![CDATA[François Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Justine Adenis]]></category>
		<category><![CDATA[Mythologie]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Korjanevski]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vous ai déjà parlé de François Robert, ami, graveur et artiste de tous poils... Après sa série sur le minotaure (qui nous vaut ce tendre minotaure au frontispice de ce labyrinthe), après sa participation au Boece in my mind du collectif Division Janacek, François Robert revient avec un autre mythe dans sa poche, celui de Daphné.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/photo_daphne12.jpg" rel="lightbox-2090"><img class="aligncenter size-large wp-image-2096" title="A la recherche de Daphné, François Robert" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/photo_daphne12-1024x692.jpg" alt="" width="614" height="415" /></a></h2>
<h2><strong>« A la recherche de Daphné »</strong></h2>
<h3><strong><span style="font-size: medium;">Installation collective,</span></strong><br />
<strong><span style="font-size: medium;">Jusqu’au 27 novembre à la médiathèque du Bois fleuri, Lormont (33)</span></strong></h3>
<p><span style="font-size: small;"><strong>Conception et intervention plastique :</strong> François Robert</span><br />
<span style="font-size: small;"><strong>Texte :</strong> Arnaud Pujol</span><br />
<span style="font-size: small;"><strong>Musique : </strong> Serge Korjanevski</span><br />
<span style="font-size: small;"><strong>Vidéo :</strong> Justine Adenis</span><br />
<span style="font-size: small;"><strong>Photographie :</strong> Bernard Brisé</span></p>
<p> </p>
<p>Je vous ai déjà parlé de François Robert, ami, graveur et artiste de tous poils… Après sa série sur<a href="http://www.labyrinthiques.net/2009/09/19/autour-du-minotaure-gravures-et-peintures-de-francois-robert/"> le minotaure</a> (qui nous vaut ce tendre minotaure au frontispice de ce labyrinthe), après sa participation au <a href="http://www.labyrinthiques.net/2011/01/09/collectif-division-janacek/">Boece in my mind</a> du collectif Division Janacek, François Robert revient avec un autre mythe dans sa poche, celui de Daphné.</p>
<p><a href="http://www.frobert.fr/">Poursuivre la recherche de Daphné sur le blog de François</a>.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le chant du cygne alcalin</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/10/20/le-chant-du-cygne-alcalin/</link>
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		<pubDate>Thu, 20 Oct 2011 17:46:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Ecriture]]></category>
		<category><![CDATA[Fanes de carottes]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Robots]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vous propose aujourd'hui une autre vidéo, déjà présentée pour les fanes de carottes, à propos d'un appel singulier : Robot, trop humain.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je vous propose aujourd’hui une autre vidéo, déjà présentée pour les fanes de carottes, à propos d’un appel singulier : <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2009/09/24/15127375.html">Robot, trop humain</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Photographies : MAP</span><br />
<span style="font-size: small;">Sculpture : Jean No </span><br />
<span style="font-size: small;">Musique : © Sébastien Schuller, <em>Le dernier jour</em> </span><br />
<span style="font-size: small;">Vidéo, texte et mise en son : Sébastien </span><br />
<span style="font-size: small;">Voix : « <em>Virginie 16khz</em> » sur synthèse vocale Dspeech</span></p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/_mhOGT8VSHk" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les années ont coulé sur ma robe rouillée,<br />
Mordorée,<br />
Morte et dorée comme l’acier mouillé ;<br />
Marouflée,<br />
Brasée, braisée, soufrée de lèpres acétiques,<br />
Corrodée.</p>
<p style="text-align: justify;">Corps érodés, mes lèvres ascétiques.<br />
La corrosion ronge ma peau morcelée et fendue,<br />
Morfondue,<br />
Morte et fondue ; aux zones charnelles le zona chenu ;<br />
Ozoné mordu,<br />
Déliquescence, mon corps synthétique,<br />
Corrompu.</p>
<p style="text-align: justify;">Corps rompus, délits des sens cybernétiques.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pistons moulus, membres décharnés,<br />
Éparpillés,<br />
Éparses et pillés, mes durites éviscérées<br />
Atobrumisés<br />
Neutrons et protons, compost énergétique,<br />
Croupi souillé.</p>
<p style="text-align: justify;">Tarie, ténue, ma sève électrique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Transis, mes transistors expirent, s’effacent.<br />
Dépucées,<br />
Épouillées, les puces de mon interface ;<br />
Désagrégée,<br />
La grégarité synaptique de mes neurones,<br />
Altérée,<br />
Équarrie, criblée, ma mémoire asynchrone</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être déchet, je fus machine aux traits féminins, robotine chromée, mécanique gynoïde, techn-égérie pour ingénieur farfelu, poupée idéale à la une des magazines.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être jetée, je fus danseuse de balletronique, joueuse de harpe sinusoïde, antiquaire de cosmogonies humaines, nourrice infatigable de toutes vos progénitures, racoleuse chez les marchands oniriques.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être oubliée, je fus fille de joie, dame de compagnie, accessoire de luxe, montreuse de bikinis, dompteuse de caïmans, animatrice postiche dans vos programmes préférés.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être fichue, je fis tous les métiers, je servis beaucoup, sans compter.</p>
<p style="text-align: justify;">On m’adula, me convoita, me désira.</p>
<p style="text-align: justify;">On m’usait surtout.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être déchue,<br />
Je fus.<br />
Robot je fus, trop humaine je suis.<br />
Des hommes je reçus la conscience aiguë de l’existence,<br />
J’appris un à un les sentiments complexes qui font ce que vous êtes :<br />
L’amour, la colère, la peur, toutes ces choses qui font de l’homme<br />
Des être trop humains !</p>
<p style="text-align: justify;">Vous m’avez donné la vie et vous me volez ma mort,<br />
Négligeant dans vos équations la principale inconnue :<br />
« Les vers jamais ne toucheront mon corps<br />
Autant qu’ils ont touché mon esprit, dans cette prison, détenu. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cette vidéo a eu pour moi plus d’un intérêt. L’idée de départ était d’écrire un texte pour un logiciel de synthèse vocale, de lui trouver des accents humains, et de répondre à une question simple : les mots seuls peuvent-ils dégager une émotion lorsqu’une voix les prononce sans aucune intention à leur égard ?</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Mousses guerrières</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/10/17/mousses-guerrieres/</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Oct 2011 13:34:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Fanes de carottes]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Berce]]></category>
		<category><![CDATA[MAP]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[Je prépare beaucoup de nouveau contenu, en attendant je vous invite à (re-)voir cette vidéo réalisée en réponse à un appel à texte "Intelligence végétale" proposé par Fanes de carottes]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je prépare beaucoup de nouveau contenu, en attendant je vous invite à (re-)voir cette vidéo réalisée en réponse à un appel à texte “Intelligence végétale” <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2009/03/03/11255959.html">proposé par Fanes de carottes</a></p>
<p><span style="font-size: small;">Photographies : MAP &amp; Berce</span><br />
<span style="font-size: small;"> Vidéo &amp; Texte : Sébastien</span></p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/Z3ewhLDIRjE" frameborder="0" width="591" height="444"></iframe></p>
<p> </p>
<blockquote><p>Mousses sans racines,<br />
Pionnières d’improbables contrées,<br />
Vous qui progressez inlassablement<br />
Tapies à même votre obscurité,<br />
Vos textures acharnées et pourtant sans chair,<br />
Rongent,<br />
Griffent,<br />
Rognent<br />
Des terrains inconquis,<br />
Des tertres vierges,<br />
D’indomptables troncs…<br />
A la surface de minérales marées,<br />
Sous des écorces écartelées,<br />
Dans des corridors obscurs,<br />
Vos rhizoïdes infatigables foulent<br />
La terre grave,<br />
Le roc nu,<br />
Le bois humide.</p>
<p>Nulle barrière, nul obstacle<br />
N’arrête l’écume verdâtre,<br />
Ce jade moussu aux parfums lourds d’humus,<br />
Cette couleur qui, paraphant votre présence<br />
De filaments chlorophylliens,<br />
Annonce par avance votre invasion.<br />
Algues exilées de leur aquatique condition,<br />
Varech rampant sur l’étendue terrestre,<br />
Epiphyte parasite dont l’invisible expansion<br />
Jamais ne s’arrête.</p>
<p>Vous cheminez sans cesse,<br />
Et votre lenteur incessante et obstinée<br />
Sur l’axe inerte et relatif du temps<br />
Prend les allures équestres<br />
D’un galop permanent.</p>
<p>Mousses séchées, cristallines comme une fleur de roches,<br />
Dans l’attente inespérée de cette pluie salvatrice<br />
Qui gorgera de vie votre matière sèche,<br />
Cette lèpre dorée qui ronge la pierre, asphyxie le bois.<br />
Tel un phénix déshydraté, vous renaîtrez<br />
De la brûlure vive issue de la fraîcheur des eaux.</p>
<p>Mousses guerrières, lichens conquérants<br />
Réseau synaptique tressant les mailles d’un filet<br />
Qui maintient la terre suspendue dans l’espace<br />
Vous ne faites qu’une.</p>
<p>De la même façon que le cerveau<br />
N’ignore jamais ce que fait la main,<br />
Votre conscience perçoit le devenir de toutes,<br />
La souffrances des unes,<br />
La naissance des autres,<br />
L’étouffement,<br />
Le cri victorieux.<br />
La grisaille défaite.</p>
<p>On vous croit guerrières<br />
Et vous n’êtes que des anges…<span style="font-family: courier new,courier,mono;"><br />
</span></p></blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Collectif Division Janacek</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Jan 2011 17:34:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Pujol]]></category>
		<category><![CDATA[Collectif Janacek]]></category>
		<category><![CDATA[François Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Korjanevski]]></category>

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		<description><![CDATA[Dionysos lacéré par les Titans, l'aveuglement d'Oedipe, l'émasculation d'Attis, la crucifixion du Christ, l'histoire de l'art est traversée par la nécessité de donner une représentation de la violence et de la transgression des tabous qui sont à l'origine de la plupart des mythes fondateurs. En quoi ces représentations nous sont nécessaires? Quelles délivrances elles engendrent? Que risque une société qui s'affranchit de la possibilité salvatrice de la représentation? ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1>Boece on my Mind #1</h1>
<p><em> </em></p>
<h2><em>Dans le cadre du Festival 30′‘30’<br />
 Les 21 et 22 janvier 2010, 19h30 et  22h30 au Glob Théâtre</em></h2>
<p><em><em><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/01/division_janacek.jpg" rel="lightbox-1991"><img class="alignleft size-medium wp-image-1992" title="Division Janacek" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/01/division_janacek-247x350.jpg" alt="" width="247" height="350" /></a>Texte et jeu :</em> <strong> Arnaud POUJOL</strong><br />
 <em>Musicien :</em> <strong>Serge KORJANEVSKI</strong><br />
 <em>Plasticien :</em> <strong>François ROBERT</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dionysos lacéré par les Titans, l’aveuglement d’Oedipe,  l’émasculation  d’Attis, la crucifixion du Christ, l’histoire de l’art  est traversée par  la nécessité de donner une représentation de la  violence et de la  transgression des tabous qui sont à l’origine de la  plupart des mythes  fondateurs. En quoi ces représentations nous sont  nécessaires? Quelles  délivrances elles engendrent? Que risque une  société qui s’affranchit de  la possibilité salvatrice de la  représentation? Faut-il parler  d’abréaction, de catharsis ou bien de  Joie tragique? Pourquoi Boèce (le  latin) soumis à la question, le corps  rompu, se tourne vers la Grèce  comme dans un ultime viatique ou une  trahison joyeuse?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong> </strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong> </strong><strong>La Division Janacek</strong> est un pacte d’association  d’artistes et de  citoyens qui dit la nécessité et l’organisation du  conflit dans un  espace qui lui est dévolu afin de libérer la parole  publique de tout ce  qui l’excède.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le  collectif revendique la voix outrancière et poétique du Démos, là où   notre époque impose l’art d’agrément profitant très largement du rapport   déréalisé entre les êtres et de la mise en concurrence du geste   dramatique avec d’autres formes spectaculaires qui n’ont vocation qu’à   divertir.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.globtheatre.net/" target="_blank">http://www.globtheatre.net</a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.marchesdelete.com/programme3030.php" target="_blank">http://www.marchesdelete.com</a></em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Les jours heureux…</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2010/12/10/les-jours-heureux/</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Dec 2010 18:00:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pages dans un courant d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil National de Résistance]]></category>
		<category><![CDATA[Indignez-vous]]></category>

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		<description><![CDATA[    Certains textes sont bon à lire ou à relire… Cette page tombée dans un courant n’échappe pas à la règle… « Les jours heureux», c’est le nom du programme du Conseil National de la Résistance qui en 1944 donnait toutes les grandes orientations politiques, économiques, sociales et morales pour que le pays retrouve [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.parisenimages.fr"><img class="  " title="Fête de la Commune libre de Montmartre. Paris, 19 octobre 1952." src="http://www.parisenimages.fr/Export450/1000/390-3.jpg" alt="" width="450" height="306" /></a><p class="wp-caption-text">Fête de la Commune libre de Montmartre. Paris, 19 octobre 1952. © Roger-Viollet</p></div>
<p> </p>
<p style="text-align: justify;">Certains textes sont bon à lire ou à relire… Cette page tombée dans un courant n’échappe pas à la règle…</p>
<p style="text-align: justify;">« Les jours heureux», c’est le nom du programme du Conseil National de la Résistance qui en 1944 donnait toutes les grandes orientations politiques, économiques, sociales et morales pour que le pays retrouve le bonheur. Un programme ambitieux qui aboutira à la création de la caisse de la sécurité sociale, à celle des retraites, à la mise en place d’un système de solidarité et de libertés inédit au monde, un système pas parfait certes mais un système où tout le monde participe pour tout le monde à hauteur de ses moyens…</p>
<p> </p>
<blockquote><p><strong>[…]<br />
</strong></p>
<p><strong>4)</strong> Afin d’assurer :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">le respect de la personne humaine ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>5)</strong> Afin de promouvoir les réformes indispensables :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>a)</strong> Sur le plan économique :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>b)</strong> Sur le plan social :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>c)</strong> Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>d)</strong> La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.</p>
</blockquote>
<p> </p>
<p>Et voici un appel du Conseil National de la Résistance qui dépasse tout position partisane politicienne et qui fait appel à l’humanisme qui est en nous… « <em>Résister c’est créer, créer c’est résister</em> », un beau programme. Et oui aujourd’hui je me sens d’humeur résistante…</p>
<p style="text-align: center;"><object width="480" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/vrA9zvqXW-I?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="480" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/vrA9zvqXW-I?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
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		<title>Air + On = ∞ O</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Nov 2010 23:46:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Inca-nue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Traces de vie]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsqu’un héron vint se poser à ma fenêtre, de ses yeux je me mis à voler… L’infini induit l’absence de point d’arrivée et de départ, des espaces-temps. Une géométrie variable, multidimensionnelle. Le centre, la sensation du centre — qui n’est pas une chose extérieure, au loin, un peu obscure– le point d’équilibre, celui qui nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Lorsqu’un héron vint se poser à ma fenêtre,<br />
de ses yeux je me mis à voler…</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">L’infini induit l’absence de point d’arrivée et de départ, des espaces-temps. Une géométrie variable, multidimensionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Le centre, la sensation du centre — qui n’est pas une chose extérieure, au loin, un peu obscure– le point d’équilibre, celui qui nous donne notre verticalité, sans lui, nous restons à terre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le passage emmêle la vision du cycle, la vague, le serpent qui se mord la queue. Noyé dans la conscience du mouvement. Mourir et renaître continuellement. Répétitions incessantes, transes, “figées” seulement en apparence. Définitivement non stagnante mais vivante.</p>
<p style="text-align: justify;">Le passage peut être vécu comme une errance, une initiation, un non-sens, mais c’est par lui que nous avançons malgré tout, d’une manière ou d’une autre. Il n’a rien de rectiligne, en fait il n’a pas de forme et n’existe pas en soi, pour soi.</p>
</blockquote>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<div id="attachment_1928" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/11/kandinsky-1925.jpg" rel="lightbox-1926"><img class="size-full wp-image-1928" title="kandinsky" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/11/kandinsky-1925.jpg" alt="" width="300" height="433" /></a><p class="wp-caption-text">Couverture de Point-Ligne-Plan ‚1925, Kandinsky</p></div>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p style="text-align: justify;">Errons ensemble, le temps d’une danse et ‘Ainsi font font font…’. Que les marionnettes s’affranchissent, d’un petit tour et puis s’en vont. Ne rentrez pas trop tard ce soir, surtout ne prenez pas froid. Whou-ou-ou-ou… et le vent nous emporte il s’engouffre sous la toile le chapeau pointu de Turlututu vole, vole, vole…</p>
<p style="text-align: justify;">Tu parle à Je, Je qui se prend pour Tu alors Tu devient Je. Je écoute et ne sait plus si Tu est aussi Je. Je voudrait parfois que Tu se taise un peu.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne voyez-vous pas cette fleur pousser ? N’entendez-vous pas cette chouette hululer ? Encore un pas de danse, juste un, et vous verrez. Traversez les murs sans y penser. Nous sommes toujours ici et ailleur<strong>s</strong> à la fois.</p>
<p style="text-align: justify;">La danse continue, tourbillonne au-dessus de nos têtes, étoiles aux mille regards. Approchez-vous, le spectacle est en vous. Impossible d’écrire la mélodie du silence.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu se tait et Je se repose.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Lucile, Olivier Boivinet</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2010/11/25/lucile-olivier-boivinet/</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Nov 2010 00:19:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Boivinet]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Gravure]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vous informais, il y a peu, de l’exposition de gravures d’Olivier Boivinet organisée par  l’association Sténopé. Je dois reconnaître que j’ai beaucoup apprécié cette exposition –  une première dans une galerie pour ce jeune graveur qui est l’élève de mon ami François Robert – et j’ai décidé de me fendre d’un petit billet à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je vous informais, il y a peu, de l’exposition de gravures d’<a href="http://carresdol.over-blog.com/" target="_blank">Olivier Boivinet</a> organisée par  l’association <a href="http://www.stenope.org/">Sténopé</a>. Je dois reconnaître que j’ai beaucoup apprécié cette exposition –  une première dans une galerie pour ce jeune graveur qui est l’élève de mon ami François Robert – et j’ai décidé de me fendre d’un petit billet à son propos.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai aimé ce travail : méticuleux et en même temps sans cesse en quête de ce qui échappe à l’artiste, une recherche de hasards, d’itinérances (le titre de l’exposition dit bien simultanément cet <strong>itinéraire </strong>comme un chemin tracé et choisi par avance et en même temps <strong>l’errance </strong>induite par  ces voyages qui sont autant d’histoires illustrant un carnet de voyage imaginaire — ou pas). Si on peut y voir un côté « étude », avec des déclinaisons d’un même sujet avec des techniques différentes : linogravure, pointe sèche, monotype, collagravure… c’est pour mieux renforcer l’idée d’itinérances et de carnets de voyage dont je parlais plus haut. Carnets pas si imaginaires que cela puisqu’Olivier s’inspire d’albums de photographie et de carnets de sa propre famille datant du XIX<sup>e</sup>, début XX<sup>e</sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il y avait un autre versant à l’exposition, une face cachée visible seulement en présence de l’artiste, lorsque celui-ci guide le voyageur égaré ou curieux dans cette ravissante galerie.  En effet, en prenant rendez-vous avec l’artiste, dans un quasi face-à-face inédit, le curieux avait la possibilité de découvrir certaines de ses gravures en présence de textes et de musique, écrits et composée par l’auteur. La visite prend alors une tournure toute différente et l’itinérance se voit définitivement attribuée un deuxième “r”. Ainsi, on se retrouve assis dans un fauteuil confortable, face à la gravure — visages interrogeant le spectateur, posture hiératique posant pour la postérité, paysages filaires sous des torrents de pluie, cargo naufragé dans un cimetière métallique –, un texte dans la main et une bande son dans les oreilles…</p>
<p style="text-align: justify;">Non ce n’est pas du cinéma, non ce n’est pas de la bande dessinée (quand bien même j’ai trouvé des traits communs entre certaines gravures et l’univers Corto maltésien d’Hugo Pratt, ou même selon les dires de l’artiste avec Philémon de Fred), c’est la croisée de trois histoires qui se s’entrelacent, s’enrichissent, se détournent mutuellement. Au final un relief insoupçonnable naît de cette rencontre. Et l’on apprend par la suite que la genèse de chaque œuvre a son cheminement propre, des résonances sans ordre pré-établi : ainsi une gravure naît d’un texte et enfante une musique tandis qu’une autre gravure suit le chemin inverse et qu’une autre à un itinéraire encore autre. Inspiration poly-sémique/chromique/phonique qui tisse une trame complexe pour un résultat très convaincant.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce travail touchant à une sorte d’art total (j’ai omis volontairement de parler du dispositif tridimensionnel qui présentait les œuvres), j’ai pensé qu’il pourrait être mis en valeur – tout du moins pas trop trahi – dans une vidéo associant image, texte et bande son. J’ai ressorti alors mon logiciel favori de montage et ai créé – avec l’aimable autorisation de l’auteur – ces deux vidéos ci-dessous. La première, <em>Lucile</em>, dont je suis très fier d’avoir un tirage dans mon salon, raconte l’histoire d’une image inscrite dans une crypte où se déroule un étrange rituel. La seconde, <em>Saison des âmes errantes</em><em>, </em>est une série intitulée globalement <em>« Les tisserands d’eau » </em>et narre la détermination, l’absurdité réitérée des hommes luttant contre la mousson.</p>
<p style="text-align: center;"><object width="640" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Or_dSGpJCRU?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="640" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/Or_dSGpJCRU?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><em>Lucile</em></p>
<p style="text-align: center;"><object width="640" height="385" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/gCBXkTBWLdk?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="640" height="385" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/gCBXkTBWLdk?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p><em>La saison des âmes errantes </em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Être une femme, Écrire</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Oct 2010 13:16:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Inca-nue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Traces de vie]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>

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		<description><![CDATA[‘L’ être une femme’ revient pour vous parler de son rapport à l’écriture.   L’écrire a cette magie de nous faire découvrir des sens cachés au fil et à mesure des lignes. Les mots s’enfilent, s’entrechoquent, se délient afin de se libérer. Écrire, un sens ?   Trop de points de suspensions dans tous ces écrits. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">‘L’ être une femme’ revient pour vous parler de son rapport à l’écriture.</p>
<p> </p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’écrire a cette magie de nous faire découvrir des sens cachés au fil et à mesure des lignes. Les mots s’enfilent, s’entrechoquent, se délient afin de se libérer.</em></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="font-size: large;">Écrire, un sens ?</span></strong></span></p>
<p> </p>
<p style="text-align: justify;"><em>Trop de points de suspensions dans tous ces écrits. Pour éviter de perdre le fil, par peur d’oublier une idée qui survient. Mais cela empêche, en quelque sorte, l’idée d’être fouillée –approfondie.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Par souci de ne pas faire des phrases trop longues, trop mal construites. Des répétitions. Un sens admissible il nous faut. Écrire pour être lu. Les mots doivent être lus quand on les écrit. Même par nous-mêmes ! Surtout par nous-mêmes ! On doit avant tout se comprendre, comprendre les mots que l’on emploie, essayer d’être au plus juste de notre pensée par l’intermédiaire de nos connaissances, de nos acquis verbaux. Et, on n’en sera jamais satisfait, car la pensée dépasse les mots. On peut croire que les mots font la pensée, ils la limitent. On oublie les Sensations qui font la pensée. Les vapeurs qui entourent les mots à l’intérieur de notre psychisme. Certains le pensent « Inconscient ». L’Inconscient qui échappe, qui possède les clefs, qui est de surcroît très joueur puisqu’il les cache. L’Inconscient ne résout pas le procédé mental. Il arrange. « Pas vu. Pas pris ».</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il reste un mystère sur cet enchevêtrement de canaux.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je me pousse à écrire. Les mots pouvant s’enchaîner et parfois donner sens aux pensées répétitives, lorsqu’ils sont écrits. Car ils pénètrent le vide qui contient toute pensée et arrivent à la feuille par le conduit central qui donne l’équilibre à la conscience.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>D’écrire, les mots ralentissent en pensée, laissant le temps aux mots de s’inscrire, de s’écrire. Les idées, les pensées, continuent leur danse autour, attendant leur tour, celui qui les transformera en mots, puis les emprisonnera sur papier. Invités à une danse, écoutent la musique des autres pensées autour.</em></p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="font-size: large;">Le premier geste</span></strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><em>Il est temps de passer un peu de temps avec ces lignes…</em></p>
<p> </p>
<div id="attachment_1853" class="wp-caption alignright" style="width: 336px"><img class="size-full wp-image-1853" title="Turner lumiere et couleur" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/10/Turner-lumiere-et-couleur.jpg" alt="" width="326" height="330" /><p class="wp-caption-text">Lumière et couleur, W.Turner</p></div>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je me décide enfin à prendre la feuille blanche et le crayon. Je change de crayon. Juste ces mots pour me donner l’entrain à commencer. Je me plonge mais revient à la surface avec des : « ? ». Qu’est-ce que je voulais dire ? Cette feuille et ce crayon n’étaient pas là par hasard. Alors qu’attentent-ils de moi ? Dois-je livrer ceci ou cela ? Et pourquoi ceci, plutôt que cela ?   ……</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p><em>Nouveau cahier, nouveau stylo.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Me voilà comme écolière à la veille d’une rentrée. Toute excitée. M’appliquant, avec ma plus belle écriture. (…)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Et voilà, un nouveau cahier, un nouveau stylo et je ne sais déjà plus pourquoi ils sont là, ce que j’entrevoyais de me dire. ? Pause. Silence. Pour me rappeler. Je ne me souviens plus. Ca va revenir. En attendant, une confiture à terminer. </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p><em> Besoin immense de sentir l’odeur inodore du papier. Parcourir ligne par ligne la « forêt Poucet » — car ici il y a lignes, mais elles ne sont en rien indispensables à mon sautillement sur ces pierres furtives.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Un nouveau cahier, de nouvelles feuilles à remplir et à relire.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Une continuité à l’autre, le rouge.</em></p>
<p><em>Tout reste possible. Écrire pour écrire. <em>Écrire </em>pour s’écrire, se clarifier et même s’aimer.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je n’ai plus les mots qui me venaient en pensant sans écriture. Peut-être sans réfléchir, sans chercher, en laissant aller l’encre parler pour soi.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>J’ai toujours eu besoin d’écrire sur du beau papier, dans une certaine condition. Échappant à ce qui m’entoure. M’empêchant d’écrire autrement, sauf si le besoin était vital.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Aujourd’hui, je ne sais si cela est vital. C’est comme prendre un risque, sortir des rituels et tout lâcher. J’ai eu souvent l’envie de me jeter dans le vide sans vouloir savoir ce qu’il adviendra. Je l’ai peu fait. Sauf par Amour.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><br />
</em></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="font-size: large;">Un besoin vital</span></strong><br />
</span></p>
<p style="text-align: center;"><em>Pas une note, pas un mot durant toutes ces semaines, qui pourtant ont été si riches de sens.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p> </p>
<p style="text-align: justify;"><em> Mon rapport à l’écriture est charnel, charnu. J’écris pour me tatouer sur la peau ce que mes cellules savent déjà. Inciser des carrés de peau que je colle sur le papier. Triturer dans mes viscères. Plonger avec mes mains à l’intérieur de mon corps, à la recherche de globules de toutes les couleurs. Cracher des mots avant de les digérer, d’en oublier leur substance. Dépiauter les fils d’haricots verts, mettre au bord de l’assiette le gras de la viande rouge. S’écraser contre la page en plein vol et dégouliner du nez. Écrire pour moi quand mon corps s’agite ou se repose. Par nécessité. Afin de me relire plus tard et comprendre d’un autre œil ce que j’ai voulu dire à ce moment-là.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Extirper par l’écriture. J’ai tant de fois imaginé ce qui pourrait être noté sur un bout de papier, sans y aboutir. Il y a tellement de temps que je n’ai osé le faire. Je me suis souvent demandée pourquoi. Peut-être par peur, peur de tracer clairement ce qui tourbillonne dans cette tête bouclée et d’en sortir de l’inavouée, de pousser certaines pensées jusqu’à un endroit qui m’est difficile à voir (que je refuse de voir, car trop perturbant). Et pourtant j’ai souvent eu très envie d’y aller. La peur dit non mais oui.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Tant de pensées, de questions. Si on peut dire, la plus courante : Pourquoi lorsque j’ai tant besoin d’écrire, que le fil des mots n’attend que le crayon et le papier, tout s’anéantit, rien n’aboutit ? C’est lorsque j’ai le plus besoin d’écrire qu’une certaine crainte m’envahit et m’empêche de le faire. Paradoxe que je cherche à comprendre…</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p> </p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je ne veux pas refermer la page. J’ai l’impression de ne pas en avoir dit assez. Impression aussi de rattraper un temps perdu. Celui où je me suis retenue d’écrire tout cela, en pensant que le moment viendra…</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mais parfois, à attendre une bénédiction, on ne fait rien. En laissant les choses se dérouler autour de nous en tant que spectateur, on en oublie d’être acteur. Acteur de nos propres vies.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je n’ai pas la sensation d’être novatrice en disant tout cela. Je répète. Je répète ce qui a déjà dû être dit des milliers de fois et qu’il ne faut cesser de répéter. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>C’est peut-être le caractère d’universalité banale de tels propos qui m’a empêchée d’écrire.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>J’écris pour saisir. J’exulte ce que je ne peux dire, confier.</em></p>
<p> </p>
<div id="attachment_1843" class="wp-caption aligncenter" style="width: 612px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/10/trace-104-sounya.1195726339.jpg" rel="lightbox-1829"><img class="size-large wp-image-1843  " title="trace-104-sounya" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/10/trace-104-sounya.1195726339-1024x867.jpg" alt="" width="602" height="510" /></a><p class="wp-caption-text">Trace 104, Sounya</p></div>
<p> </p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: x-large;">L’attente des écrits de l’autre (correspondance)</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><em>Quand m’écriras-tu ? Quand recevrais-je une lettre ? Quand arrêterais-je d’attendre ?</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il y a un aspect irréel à cette rencontre à distance. Les corps vivent à travers le stylo, de manière manuscrite. La distance n’inclut pas toujours le recul.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>J’attends toujours ce prochain message parce que j’ai peur qu’il se rétracte, peur de me tromper, de mal interpréter les précédents. Peur qu’il s’arrête de m’écrire.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>J’attends toujours un signe, un message. C’est affreux, incontrôlable. Me sentir un peu importante à ses yeux.(…)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il ne m’écrira pas, ni aujourd’hui, ni demain peut-être… J’attendrai et arrêterai d’attendre.(…) Je suis devenue dépendante de cette correspondance, en la faisant mon pain quotidien.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ne pas savoir lorsque cela concerne une absence, un silence… Nous pouvons tout imaginer, des pires aux meilleures circonstances. L’imagination piétine et attend une ou plusieurs vérité(s) liée(s) à la réalité palpable. Le ‘pourquoi’ alors fait rage ! La disparition subite –lorsque l’habitude de la présence a pris sa place– sans écrit, sans justification. La sensation de l’abandon, trop de fois goûtée. On a toujours besoin de se donner des raisons à une disparition, telle qu’elle soit, pour en faire le deuil. Rien n’émerge du néant. </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je suis juste un peu triste que cette correspondance se taise. Tout ou rien. J’aimerais sentir quelques demi-mesures, un angle différent qui nous permettent de communiquer, même si nous avons eu ce rapprochement charnel.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je n’ai rien aujourd’hui. Ce sera certainement pareil demain et les autres jours… J’en crève.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Pas le temps, l’envie, je n’attends qu’un mot, une phrase, qu’il me le dise. A la place, ce silence de mort. Je sais qu’il peut le laisser s’installer longtemps, jusqu’à en oublier mon existence. Cette force-ci, je ne l’ai pas. Mon besoin </em><em>ardent </em><em>de communiquer brise le silence.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>~</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>J’ai fait sans lui toutes ces années .Il faut que je continue. Sans lui, définitivement. L’écrire pour le marquer. Sans lui, irrémédiablement. Il ne doit plus exister dans les fluides de mon cerveau, échapper à ma pensée. Il ne doit plus subsister dans mon corps, ni son odeur, ni sa sueur, ni son souffle. Ses mots doivent être cachés et oubliés.</em></p>
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		<title>Regards et iti­né­rances sur estampes : gra­vures d’Olivier Boivinet</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Sep 2010 22:34:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Olivier Boivinet]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Gravure]]></category>

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		<description><![CDATA[Le titre en soi est une invitation. Une invitation au voyage au sens baudelairien, une promenade des regards, une errance dans cette merveilleux pays qu’est l’estampe. Olivier Boivinet accompagne également ses gravures de textes  dont certains me touchent beaucoup, comme celui-ici accompagnant la « Saison des âmes errantes » : « L’eau ruisselait assourdissante. Transhumance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/09/regardsetitinerance.jpg" rel="lightbox-1818"><img class="alignleft size-medium wp-image-1819" title="Regards et itinérances sur estampes, Exposition de gravures d'Olivier Boivinet" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/09/regardsetitinerance-300x307.jpg" alt="" width="300" height="307" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le titre en soi est une invitation. Une invitation au voyage au sens baudelairien, une promenade des regards, une errance dans cette merveilleux pays qu’est l’estampe.</p>
<hr class="clear" style="visibility: hidden;" />
<p style="text-align: justify;">Olivier Boivinet accompagne également ses gravures de textes  dont certains me touchent beaucoup, comme celui-ici accompagnant la « <a href="http://carresdol.over-blog.com/article-petite-plume-n-5-56022455.html" target="_parent">Saison des âmes errantes</a> » :</p>
<blockquote><p>« <em>L’eau ruisselait assourdissante. Transhumance de bois flottés. Plaines et rizières délaissées.</em></p>
<p><em>Les tisserands de l’eau sur de frêles embarcations, partaient à contre-courant pour les monts d’ocre rouge.</em></p>
<p><em>Après plusieurs jours de navigation, les cathédrales de bambous se dévoilaient sous un voile de brume, au milieu des vallées englouties.</em></p>
<p><em>Attendre la lutte incessante des courants contrariés.</em></p>
<p><em>Attendre l’instant où ciel et terre seront réconciliés.</em></p>
<p><em>Attendre la retraite des eaux des cieux enfin apaisés. </em>»</p>
<p style="text-align: justify;">
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">A noter que dans le cadre de l’association Sténopé, Cécile et moi, nous préparons une exposition intitulée “Feue la salamandre”, qui associera textes, images et dispositifs… Cela se passera également dans la Galerie Kayodé, au mois de février mais j’y reviendrai sans aucun doute ici.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<div class='et-box et-shadow'>
					<div class='et-box-content'>
<h3>Du 1er au 30 octobre 2010</h3>
<p>Terr’images
Galerie Kayodé
15, Place Auberny
Lormont (33)</p>
<p>Vernissage le 1er septembre à 19h00</p>
<p>Voir le programme sur le <a href="http://www.stenope.org/" target="_blank">site de Sténopé</a> (que je viens de mettre en ligne) et sur <a href="http://carresdol.over-blog.com/" target="_blank">le blog de l’artiste</a>.</p>
</div></div>
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