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	<title>Labyrinthes avec vue &#187; Ecrits</title>
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		<title>Robot, trop humain</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Oct 2011 16:05:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Robots]]></category>
		<category><![CDATA[Science fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le cadre de l’appel des Fanes de Carotte “Robot, trop humain”, j’avais écris l’édito que je repro­duis ici et qui, il me semble, est tout à fait d’actualité.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><div class='et-box et-shadow'>
					<div class='et-box-content'>Dans le cadre de l’appel des Fanes de Carottes “<a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/tag/Robot" target="_blank">Robot, trop humain</a>”, j’avais écrit l’édito que je reproduis ici (en l’étoffant un peu) et qui, il me semble, est tout à fait d’actualité. Dans <a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5htSF0_45VjJZWxizRWpBqEobTBHg?docId=CNG.73fd27e53c219136560031a75d06db21.331" target="_blank">une dépêche de l’AFP</a> parue aujourd’hui, voici ce que l’on peut lire :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">“<em>Les autorités pakistanaises estiment que les drones ont tué plus de 1.700 personnes ces trois dernières années, en grande majorité des combattants islamistes. Mais les missiles n’épargnent pas, parfois, les civils. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Un institut américain, la New America Foundation, estimait début octobre que les drones avaient tué entre 1.667 et 2.614 personnes depuis 2004, dont 20% de civils. L’institut britannique indépendant Investigative Bureau of Journalism recensait lui en août dernier 2.292 à 2.863 morts depuis 2004. Et si la plupart seraient, selon lui, des combattants de rang inférieur, jusqu’à 775 pourraient avoir été des civils, dont au moins 164 enfants.</em>”</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Quand on confie à des machines la mission de tuer (fussent-elle simplement téléguidées), ne déshumanise-t-on pas le meurtre ? Ne se dédouane-t-on pas moralement de l’acte criminel en attribuant à autrui, à la matière, la responsabilité d’actes qu’on ne veut pas assumer. Et si, à l’avenir, ces machines gagnaient en autonomie et en intelligence ?</p>
<p style="text-align: justify;"></div></div></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/robots.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="aligncenter size-large wp-image-2182" title="Image tirée de &quot;I,robot&quot; d'Alex Proyas" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/robots-1024x565.jpg" alt="" width="574" height="317" /></a></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>La « loi de la nature » une superstition. — Si vous parlez avec tant d’enthousiasme de la conformité aux lois qui existent dans la nature, il faut que vous admettiez soit que, par une obéissance librement consentie et soumise à elle-même, les choses naturelles suivent leurs lois — en quel cas vous admirez donc la moralité de la nature — ; soit que vous évoquiez l’idée d’un mécanicien créateur qui a fabriqué la pendule la plus ingénieuse en y plaçant, en guise d’ornements, les êtres vivants. — La nécessité dans la nature devient plus humaine par l’expression « conformité aux lois », c’est le dernier refuge de la rêverie mythologique.</em></p>
<p style="text-align: right;"><em>Humain, trop humain</em>, F. Nietzsche</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"> Les robots, mais d’une manière générale les machines, prennent, au fil du temps, une part de plus en plus importante dans notre société : du simple iPod à la sonde Phoenix explorant Mars, les liens que nous tissons avec eux sont, chaque jour, plus complexes et plus étroits. Ce changement culturel, comme toute révolution liée au progrès technologique (comme ce fut le cas, par exemple avec l’avènement de l’imprimerie), se doit d’être accompagné par une réflexion interdisciplinaire sur les tenants et aboutissants de tels bouleversements. L’art en général et la science-fiction en particulier ont déjà entamé, depuis la moitié du siècle dernier, cette réflexion. A nous, simples citoyens, de la faire rebondir.</p>
<p style="text-align: justify;">La relation étroite et ambiguë qui unit l’homme et le robot ne date pas du siècle dernier. Ni du siècle d’avant. Le désir de concevoir un outil comme extension de soi, comme suppléant amélioré, remonte en effet à ce temps très ancien où, pour la première fois, un homme s’est saisi d’une perche pour attraper un fruit inaccessible. L’image de la perche est, à mon avis, la meilleure illustration de ce fantasme qui nous envahit quand nous songeons au robot : le prolongement de nous-mêmes (cf. les nombreux exo– ou endosquelettes décrits et employés dans la science-fiction). En effet, l’humain, aussi humain soit-il, trop humain ou pas, fait face à ses propres limites (physiques mais aussi intellectuelles, émotives, etc.) qui l’entravent dans sa volonté de dominer le monde. Telle pomme est trop haute pour sa petite taille ? Qu’à cela ne tienne, son cerveau conçoit, <em>Deus ex machina</em>, un engin capable de le prolonger, de compenser ses faiblesses, de suppléer à sa propre finitude, en un mot de perfectionner sa chair en projetant son être dans la matière, tout ceci dans le but programmé de dominer le réel (attraper une pomme, explorer des endroits inaccessibles ou dangereux, rendre possible ce que l’homme, de ses propres mains, ne peut <em>réaliser</em>).</p>
<p style="text-align: justify;"> Comme nous l’ont montré <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/tag/Robot">précédemment InFolio, Llo et StellaStabat</a>, beaucoup d’améliorations ont été apportées au robot depuis la perche originelle et l’homme ne cesse de perfectionner sa création. Il tente d’injecter à la machine ce qui lui semble le mieux le définir dans son humanité : l’intelligence, l’acquisition des sens et de la mobilité, le langage, la cognition et l’apprentissage, la socialisation, l’anthropomorphisme, les capacités émotionnelles… Les différentes voies visant à perfectionner le robot vont souvent dans le même sens : faire le robot à l’image de l’homme. Mais en mieux…</p>
<p style="text-align: justify;">Car là est le carrefour paradoxal : l’homme imparfait, incapable de répondre entièrement aux ambitions démesurées qu’il s’est fixé, crée une machine pour le prolonger, pour le rendre parfait, mais, ce faisant, il lui injecte ses propres attributs, il le calque sur lui-même en gommant certains de ses défauts et en accentuant certaines qualités. Mais peut-on rendre quelque chose de parfait si on le fait hériter de soi-même, être imparfait ?</p>
<p style="text-align: justify;">On voit bien que c’est un rapport métaphysique qui s’insinue entre ce sujet, l’homme, et ce qui semble être l’objet, le robot. Un flux entre deux matières opposées, entre le vivant et l’inerte, le souffle organique instillé dans la matière métallique inanimée. Un rêve, on ne peut plus démiurgique bien sûr, alchimique pour le moins ! L’homme assis sur le trône divin donne vie à la matière, le fantasme n’est pas nouveau : le dieu chrétien façonne l’homme à même la terre glaise, le rabin donne vie au Golem en inscrivant EMETH (vérité en hébreu) sur son front, Frankenstein insuffle l’étincelle de vie à sa créature, Geppetto taille un morceau de bois qui s’anime pour devenir Pinocchio, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière cette relation métaphysique, il y a aussi comme un désir de filiation qui s’installe entre l’homme et sa créature. Une filiation patriarcale bien sûr où le père éduque le fils selon ses propres critères mais surtout une relation de servitude dans la mesure où le fils n’existe que pour servir le père. En ce sens la relation homme-robot semble utilitariste : cependant elle peut entrer dans un schéma affectif comme ces nouveaux robots qui servent de familiers et d’animaux de compagnie.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme dans tous processus de (pro-)création, il y a également une projection spéculaire, inconsciente ou non, de sa propre image dans le corps de l’autre, quelque chose qui inconsciemment dit : « <em>Je donne la vie à ce robot pour qu’il me survive et je le fais à mon image pour qu’il me perpétue et m’immortalise après ma propre disparition.</em> » Le robot, en ce sens, peut être une réponse à notre désir de descendance parfaite et rêvée : l’enfant prodigue qui réalise en mieux tout ce que les parents n’ont jamais réussi à faire, et qui le fait durablement, même après leur mort. Tima, dans le <em>Métropolis</em> d’Ozamu Tezuka est typiquement cette petite fille-robot : créée par le docteur Laughton à l’image de sa fille disparue, afin de dominer le monde.</p>
<div id="attachment_2192" class="wp-caption aligncenter" style="width: 624px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hal.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="size-large wp-image-2192" title="Hal, dans 2001, l'odyssée de l'espace" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hal-1024x535.jpg" alt="" width="614" height="321" /></a><p class="wp-caption-text">Hal, dans 2001, l’odyssée de l’espace</p></div>
<p style="text-align: justify;">Jean-François Lyotard avance que notre obsession, notre fascination pour les voyages interstellaires, notre désir de nous transposer ailleurs, de tout refaire depuis le début (le fantasme de la seconde chance en quelque sorte) serait en relation directe avec la disparition programmée de notre espèce. Les hommes savent, inconsciemment ou non, que, quoiqu’il advienne, l’humanité est absolument éphémère et vouée à disparaître. Tôt ou tard. Au mieux, notre soleil a encore entre 5 et 7 milliards d’années à vivre et finira par s’éteindre, inexorablement, nous entraînant dans sa mort. Cette lubie de l’expatriation planétaire serait donc intrinsèquement liée à notre instinct de survie (argument que l’on peut bien sûr réfuter quand on observe le peu d’intérêt que suscite <em>réellement </em>la préservation de notre écosystème). Les robots dans ce cadre là ont tout à fait leur place. Si nous-mêmes, pour des raisons physiques, économiques ou autres, nous ne pouvons pas migrer corporellement vers d’autres lieux alors nous enverrions nos copies mécaniques immortelles, capables de nous représenter dans notre humanité, dont la mission serait le témoignage culturel et intellectuel de notre existence, la preuve historique de notre place dans l’histoire cosmique.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin le robot suscite également beaucoup d’inquiétudes : depuis Isaac Asimov et ses lois morales dictant la conduite du robot jusqu’au très sérieux dossier <em>d’</em><em>Implications philosophiques</em><em></em> qui réfléchit à l’octroi de droits aux robots afin de garantir l’intégrité de notre propre humanité. Les robots inquiètent autant qu’ils fascinent, car ils peuvent aussi refléter nos imperfections (la haine, la violence, la convoitise, la folie, etc.), mais en pire…</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hurleur.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="aligncenter size-large wp-image-2190" title="Image tirée du film Planète hurlante inspirée de « Second Variety », une nouvelle de Philip K. Dick" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/hurleur-1024x576.jpg" alt="" width="614" height="346" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le fantasme d’une armée de robots indestructibles sans conscience (que l’on retrouve souvent dans la Science Fiction comme dans la nouvelle <em>Nouveau modèle. L’autre inquiétude, que reflète bien la SF, est que le robot échappe totalement à notre contrôle, soit de manière technique (erreur de programmation, piratage) soit parce que nous lui aurions donné une conscience qui l’émancipe suffisamment pour qu’il échappe à notre contrôle (HAL dans 2001 l’<em>Odyssée de l’Espace</em>, de Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick par exemple)… Quelles qu’en soient les raisons, la coexistence avec des êtres, par définition supérieurs à nous (en force, en intelligence, en résistance), fussent-ils créés et contrôlés par nous, est une source d’inquiétudes légitimes qui alimente depuis longtemps notre imaginaire et ravive nos angoisses d’asservissement (à l’échelle de notre espèce, comme dans la <em>Planète des Singes</em>). Tout ceci n’est évidemment pas sans nous rappeler le mythe d’un certain docteur Faust : entre progrès scientifiques, soif de connaissances, ambitions aux limites sans cesse repoussées, un pacte avec le diable peut être contracté sans même que nous nous en rendions compte.</p>
<div id="attachment_2188" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/wall-e.jpg" rel="lightbox-2177"><img class="size-medium wp-image-2188 " title="Wall-e" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/10/wall-e-300x267.jpg" alt="" width="300" height="267" /></a><p class="wp-caption-text">Wall-e, seul survivant d’une terre rendue invivable par les humains…</p></div>
<p style="text-align: justify;">Quoiqu’on en dise et qu’on voudrait nous faire croire, la problématique concernant les robots n’est pas restreinte aux seuls champs technologiques et scientifiques. La promiscuité et la relation que nous entretenons et continuerons de tisser à l’avenir avec les robots posent également d’autres questions (abordées finalement par la science fiction avant tout le monde) d’ordre éthique, eschatologique, anthropologique, psychologique, social. Il serait parfaitement irraisonné de les occulter car répondre à ces questions revient à fixer et à définir les limites, les rôles et les relations entre le créateur et sa création.</p>
<p style="text-align: justify;">Humain, trop robot, avez-vous dit ? Non ! Robot, trop humain.</p>
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		<title>Le chant du cygne alcalin</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/10/20/le-chant-du-cygne-alcalin/</link>
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		<pubDate>Thu, 20 Oct 2011 17:46:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Ecriture]]></category>
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		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Robots]]></category>
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		<description><![CDATA[Je vous propose aujourd'hui une autre vidéo, déjà présentée pour les fanes de carottes, à propos d'un appel singulier : Robot, trop humain.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je vous propose aujourd’hui une autre vidéo, déjà présentée pour les fanes de carottes, à propos d’un appel singulier : <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2009/09/24/15127375.html">Robot, trop humain</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Photographies : MAP</span><br />
<span style="font-size: small;">Sculpture : Jean No </span><br />
<span style="font-size: small;">Musique : © Sébastien Schuller, <em>Le dernier jour</em> </span><br />
<span style="font-size: small;">Vidéo, texte et mise en son : Sébastien </span><br />
<span style="font-size: small;">Voix : « <em>Virginie 16khz</em> » sur synthèse vocale Dspeech</span></p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/_mhOGT8VSHk" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les années ont coulé sur ma robe rouillée,<br />
Mordorée,<br />
Morte et dorée comme l’acier mouillé ;<br />
Marouflée,<br />
Brasée, braisée, soufrée de lèpres acétiques,<br />
Corrodée.</p>
<p style="text-align: justify;">Corps érodés, mes lèvres ascétiques.<br />
La corrosion ronge ma peau morcelée et fendue,<br />
Morfondue,<br />
Morte et fondue ; aux zones charnelles le zona chenu ;<br />
Ozoné mordu,<br />
Déliquescence, mon corps synthétique,<br />
Corrompu.</p>
<p style="text-align: justify;">Corps rompus, délits des sens cybernétiques.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pistons moulus, membres décharnés,<br />
Éparpillés,<br />
Éparses et pillés, mes durites éviscérées<br />
Atobrumisés<br />
Neutrons et protons, compost énergétique,<br />
Croupi souillé.</p>
<p style="text-align: justify;">Tarie, ténue, ma sève électrique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Transis, mes transistors expirent, s’effacent.<br />
Dépucées,<br />
Épouillées, les puces de mon interface ;<br />
Désagrégée,<br />
La grégarité synaptique de mes neurones,<br />
Altérée,<br />
Équarrie, criblée, ma mémoire asynchrone</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être déchet, je fus machine aux traits féminins, robotine chromée, mécanique gynoïde, techn-égérie pour ingénieur farfelu, poupée idéale à la une des magazines.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être jetée, je fus danseuse de balletronique, joueuse de harpe sinusoïde, antiquaire de cosmogonies humaines, nourrice infatigable de toutes vos progénitures, racoleuse chez les marchands oniriques.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être oubliée, je fus fille de joie, dame de compagnie, accessoire de luxe, montreuse de bikinis, dompteuse de caïmans, animatrice postiche dans vos programmes préférés.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être fichue, je fis tous les métiers, je servis beaucoup, sans compter.</p>
<p style="text-align: justify;">On m’adula, me convoita, me désira.</p>
<p style="text-align: justify;">On m’usait surtout.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Avant que d’être déchue,<br />
Je fus.<br />
Robot je fus, trop humaine je suis.<br />
Des hommes je reçus la conscience aiguë de l’existence,<br />
J’appris un à un les sentiments complexes qui font ce que vous êtes :<br />
L’amour, la colère, la peur, toutes ces choses qui font de l’homme<br />
Des être trop humains !</p>
<p style="text-align: justify;">Vous m’avez donné la vie et vous me volez ma mort,<br />
Négligeant dans vos équations la principale inconnue :<br />
« Les vers jamais ne toucheront mon corps<br />
Autant qu’ils ont touché mon esprit, dans cette prison, détenu. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cette vidéo a eu pour moi plus d’un intérêt. L’idée de départ était d’écrire un texte pour un logiciel de synthèse vocale, de lui trouver des accents humains, et de répondre à une question simple : les mots seuls peuvent-ils dégager une émotion lorsqu’une voix les prononce sans aucune intention à leur égard ?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Mousses guerrières</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/10/17/mousses-guerrieres/</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Oct 2011 13:34:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Fanes de carottes]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Vue depuis le labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Berce]]></category>
		<category><![CDATA[MAP]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[Je prépare beaucoup de nouveau contenu, en attendant je vous invite à (re-)voir cette vidéo réalisée en réponse à un appel à texte "Intelligence végétale" proposé par Fanes de carottes]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je prépare beaucoup de nouveau contenu, en attendant je vous invite à (re-)voir cette vidéo réalisée en réponse à un appel à texte “Intelligence végétale” <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2009/03/03/11255959.html">proposé par Fanes de carottes</a></p>
<p><span style="font-size: small;">Photographies : MAP &amp; Berce</span><br />
<span style="font-size: small;"> Vidéo &amp; Texte : Sébastien</span></p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/Z3ewhLDIRjE" frameborder="0" width="591" height="444"></iframe></p>
<p> </p>
<blockquote><p>Mousses sans racines,<br />
Pionnières d’improbables contrées,<br />
Vous qui progressez inlassablement<br />
Tapies à même votre obscurité,<br />
Vos textures acharnées et pourtant sans chair,<br />
Rongent,<br />
Griffent,<br />
Rognent<br />
Des terrains inconquis,<br />
Des tertres vierges,<br />
D’indomptables troncs…<br />
A la surface de minérales marées,<br />
Sous des écorces écartelées,<br />
Dans des corridors obscurs,<br />
Vos rhizoïdes infatigables foulent<br />
La terre grave,<br />
Le roc nu,<br />
Le bois humide.</p>
<p>Nulle barrière, nul obstacle<br />
N’arrête l’écume verdâtre,<br />
Ce jade moussu aux parfums lourds d’humus,<br />
Cette couleur qui, paraphant votre présence<br />
De filaments chlorophylliens,<br />
Annonce par avance votre invasion.<br />
Algues exilées de leur aquatique condition,<br />
Varech rampant sur l’étendue terrestre,<br />
Epiphyte parasite dont l’invisible expansion<br />
Jamais ne s’arrête.</p>
<p>Vous cheminez sans cesse,<br />
Et votre lenteur incessante et obstinée<br />
Sur l’axe inerte et relatif du temps<br />
Prend les allures équestres<br />
D’un galop permanent.</p>
<p>Mousses séchées, cristallines comme une fleur de roches,<br />
Dans l’attente inespérée de cette pluie salvatrice<br />
Qui gorgera de vie votre matière sèche,<br />
Cette lèpre dorée qui ronge la pierre, asphyxie le bois.<br />
Tel un phénix déshydraté, vous renaîtrez<br />
De la brûlure vive issue de la fraîcheur des eaux.</p>
<p>Mousses guerrières, lichens conquérants<br />
Réseau synaptique tressant les mailles d’un filet<br />
Qui maintient la terre suspendue dans l’espace<br />
Vous ne faites qu’une.</p>
<p>De la même façon que le cerveau<br />
N’ignore jamais ce que fait la main,<br />
Votre conscience perçoit le devenir de toutes,<br />
La souffrances des unes,<br />
La naissance des autres,<br />
L’étouffement,<br />
Le cri victorieux.<br />
La grisaille défaite.</p>
<p>On vous croit guerrières<br />
Et vous n’êtes que des anges…<span style="font-family: courier new,courier,mono;"><br />
</span></p></blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les arbres s’effacent aussi</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/06/07/les-arbres-seffacent-aussi/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2011/06/07/les-arbres-seffacent-aussi/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 07 Jun 2011 15:28:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Fanes de carottes]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Arbres]]></category>

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		<description><![CDATA[Créée à l'époque pour les fanes de Carottes je rapatrie cette création en guise de clin d’œil pour une personne très chère... Pour la photo je renvoie à cet autre article où j'explique le pourquoi de ces voiles dans un arbre...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/06/38282148.jpg" rel="lightbox-2032"><img class="aligncenter size-full wp-image-2033" title="Les arbres s'effacent aussi" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/06/38282148.jpg" alt="" width="423" height="800" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Créé à l’époque pour les <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2009/05/04/13385477.html" target="_blank">fanes de Carottes</a> je rapatrie cette création en guise de clin d’œil pour une personne très chère… Pour la photo je renvoie <a href="http://www.labyrinthiques.net/2009/03/07/decouvrir-la-poesie/">à cet autre article </a>où j’explique le pourquoi de ces voiles dans un arbre…</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>Les arbres s’effacent aussi</strong></p>
<p>« Ce lieu, bientôt, va m’être, je le sais, trop étroit<br />
Pour que puisse encore s’épanouir mon hêtre,<br />
Pour recevoir du vent, encore, une autre caresse.<br />
Je vais hisser la grand voile.<br />
Disparaître.<br />
Me fondre derrière ce triangle blanc<br />
Qui, désormais, va me gouverner.<br />
Et partir<br />
Jusqu’à n’être, à l’horizon, que ce voile brumeux<br />
Qui drapera ce que je fus. »</p></blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Feue Salamandre — Exposition</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/01/21/feue-salamandre-exposition/</link>
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		<pubDate>Fri, 21 Jan 2011 12:57:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Ecriture]]></category>
		<category><![CDATA[Feue la Salamandre]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=2000</guid>
		<description><![CDATA[L'exposition « Feue Salamandre » est une des issues possibles de la rencontre entre un texte – poétique, inachevé, « morcellaire » – et une pratique plastique – fragile, en équilibre sur un fil, « morcellaire »...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/01/feue_salamandre_affiche_net.jpg" rel="lightbox-2000"><img class="aligncenter size-large wp-image-2001" title="Feue Salamandre" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/01/feue_salamandre_affiche_net-744x1024.jpg" alt="" width="550" height="757" /></a></p>
<h3><em>Exposition de Cécile Berthereau <br />
 sur des textes de Sébastien de Cornuaud-Marcheteau </em></h3>
<h3>Du 2 février au 30 mars 2011</h3>
<h3>Vernissage le 2 février 2011 à 19h</h3>
<h3>à la GALERIE KAYODE</h3>
<p>Terr’images 15, <br />
 Place Auberny <br />
 33310 Lormont<br />
 05 56 52 32 97 — 06 76 50 18 04</p>
<p style="text-align: right;"><em>« Mal à la cendre, mal à la cendre… » </em><br />
 Telle est la voix, qui en écho <br />
 Se perd –  de minéraux en minéraux – <br />
 De la salamandre, la salamandre…</p>
<p style="text-align: right;"><em>« Quel tison navrant saura m’atteindre,<a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2011/01/feue_salamandre_affiche_net.jpg" rel="lightbox-2000"><br />
 </a>Moi qui n’ai que cendres pour tisser ma peau ? »</em></p>
<p>L’exposition « Feue Salamandre » est une des issues possibles de la rencontre entre un texte – poétique, inachevé, « morcellaire » –  et une pratique plastique – fragile, en équilibre sur un fil, « morcellaire ».</p>
<p>Planches graphiques, objets naufragés, livres disséqués occupent l’espace de la Galerie Kayodé comme les vestiges d’un drame antique à recomposer. De cette archéologie du souvenir, de l’anatomie de la douleur, du deuil juxtaposé peut surgir une image mystique : le mythe réinvesti de la salamandre.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Epiphanie d’automne</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/30/epiphanie-dautomne/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/30/epiphanie-dautomne/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 30 Sep 2010 18:30:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Haïkus]]></category>

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		<description><![CDATA[Epiphanie d’automne A peine l’épi fané, les pies, Sur le fil, singent les épingles. L’épicier, Epieu poireau à la main, couve le raisin.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/09/epiphanie-dautomne.jpg" rel="lightbox-1832"><img class="aligncenter size-full wp-image-1833" title="Epiphanie d'automne" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/09/epiphanie-dautomne.jpg" alt="" width="500" height="707" /></a></p>
<blockquote><p>Epiphanie d’automne</p>
<p>A peine l’épi fané, les pies,<br />
 Sur le fil, singent les épingles. L’épicier,<br />
 Epieu poireau à la main, couve le raisin.</p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Tramway</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/21/tramway/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/21/tramway/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 21 Sep 2010 19:19:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Haïkus]]></category>
		<category><![CDATA[Poème graphique]]></category>

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		<description><![CDATA[Caténaires fébriles griffant nerveusement les lignes : encre égarée sur le vélin du ciel]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/09/tramway.png" rel="lightbox-1758"><img class="aligncenter size-full wp-image-1766" title="tramway" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/09/tramway.png" alt="" width="595" height="842" /></a></p>
<blockquote><p>Caténaires fébriles<br />
griffant nerveusement les lignes :<br />
encre égarée sur le vélin du ciel</p></blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Des mots sur la toile</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/18/des-mots-sur-la-toile/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/18/des-mots-sur-la-toile/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 18 Sep 2010 06:01:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Fanes de carottes]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=387</guid>
		<description><![CDATA[Des mots sur les toiles Mon grand-père était poète. Ou peintre. Enfin un peu des deux. Je n’aimais pas être en vacances chez mes grands-parents. Je me souviens qu’ils habitaient une petite maison triste dans un pays lui-même triste à mourir, un pays où le temps paraissait toujours gris, où les gens dans les rues [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='et-box et-shadow'>
					<div class='et-box-content'>Puisque je “rapatrie” les textes écrits en dehors du labyrinthe, je remonte ce billet publié sur le webzine <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/">Fanes de carottes</a> en décembre 2008, en y incluant cette fois-ci le texte… Le thème proposé était “<a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/10/02/10785554.html">Musée improbable</a>” et j’ai parlé de mes musées imaginaires. Il était en cinq épisodes, le voici <em>in extenso</em> découpé en plusieurs pages. Les illustrations photographiques sont d’<a href="http://infolio.over-blog.com/" target="_blank">InFolio</a>, merci à elle pour ces fabuleux paysages déserts…</div></div>
<hr style="width: 45%;" />
<h4>Des mots sur les toiles</h4>
<p style="text-align: justify;">Mon grand-père était poète. Ou peintre. Enfin un peu des deux.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je n’aimais pas être en vacances chez mes grands-parents. Je me souviens qu’ils habitaient une petite maison triste dans un pays lui-même triste à mourir, un pays où le temps paraissait toujours gris, où les gens dans les rues donnaient cette impression de toujours tenir un parapluie à la main. Je ne connaissais pas les enfants des alentours pour la simple raison que mes grands-parents ne me sortaient guère et qu’il ne m’était pas permis de franchir le portail gris, lui-aussi, qui donnait sur la rue. Ce n’était pas par méchanceté, je pense, mais simplement parce que cela répondait aux impératifs et aux habitudes de leur quotidien. Je passais alors beaucoup de temps à l’intérieur de leur maison. Cependant, en de rares occasions, j’avais le droit de sortir dans le jardinet qui encerclait la bâtisse. L’aire jouable du jardin se résumait à une maigre allée délimitée par des bordures en béton, celles en forme de créneaux arrondis. Mes grands-parents avaient beau habiter dans le faubourg, être à la ville depuis plusieurs générations, ils avaient connu la guerre, les restrictions, la faim, aussi mon grand-père perpétuait-il la tradition du potager. La plus grande partie du jardin était donc cultivée : des parcelles de terre grisâtre où s’étalaient géométriquement des lignes de poireaux, d’aulx ou d’oignons, quelques rangs de laitues, quelques choux verts et fleurs, des pommes de terres gisant sur le sol, trois fraisiers dégarnis. Un châssis était dévolu aux plantes aromatiques, ciboulette, persil, thym et basilic essentiellement. Un autre servait à accumuler le composte et la fumure qui servirait à enrichir la terre au printemps. Des pieds rachitiques de tomates et de courgettes gisaient là, au milieu de coquilles d’œufs, d’épluchures et de déchets organiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Certaines parcelles étaient vides. Cependant la loi de la jachère potagère les destinait déjà à d’autres usages, d’autres semis, et la terre fraîchement bêchée, sombre et humide ne permettait aucun jeu. Parfois, je passais du temps devant les clapiers en béton. J’observais attentivement à travers le grillage les lapins ronger du fourrage, une feuille de salade, des fanes de carottes ou encore ces granulés qu’on leur donnait l’hiver dans de petites écuelles en fer blanc.<strong> </strong>De temps en temps, mon grand-père me faisait monter dans sa voiture et nous partions à l’aventure couper de la luzerne, du trèfle et de la paille que nous ramenions pour les longues oreilles.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La maison pouvait paraître triste, mais elle était d’une propreté incommensurable. Ma grand-mère entretenait la maison à longueur de journées avec cette patience et cette minutie qui ne s’expliquent que chez les personnes pour lesquelles l’ordre et l’hygiène de la maison sont le reflet exact de l’honnêteté de ses habitants.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ma grand-mère avait un rituel inaltérable qui donnait certainement à ses journées une consistance singulière qu’elle seule devait être en mesure d’apprécier. Elle lavait d’abord la vaisselle courante. Parfois elle lavait d’autres vaisselles encore, des services accumulés au fil du temps, des anniversaires de mariages, des fêtes des mères, des Noëls. Cette porcelaine et cette argenterie de second ordre dormaient dans des cartons soigneusement fermés et reclus dans de lourdes enfilades qui sentaient la colle et le vernis. Parfois, il lui prenait l’envie de nettoyer aussi les bibelots, les porcelaines, les vases, des pots en verre ou en grès, des cadres laqués vieillots qui recelaient des photos vieillottes, des portraits anciens et délavés, des poses maladroites d’enfants assis devant leurs parents, des assemblées réunies devant l’église quand les mariés viennent juste d’en sortir, et des gravures naïves d’angelots lascifs ou de vierges auréolées… Quand elle s’attaquait à ces vieilleries, elle les entassait sur la table de la cuisine et un grand désordre envahissait la cuisine, la transformant en marché aux puces de fortune.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand tout était lavé, essuyé et rangé, elle s’attaquait ensuite à la poussière. Elle entrait alors dans un cagibi dont les murs étaient transformés en râteliers garnis de son armurerie ménagère et en ressortait armée d’un balai, d’une balayette, d’une petite pelle métallique et d’un long plumeau. Elle s’affairait sur les sols, les murs, tapait les coussins du divan, sortait les tapis non sans leur donner quelques vigoureuses secousses, elle caressait tout de son plumeau, les rideaux, les tableaux sur les murs, les meubles et leurs bibelots, les chaises, et même la télévision avait droit aux chatouillis des plumes.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois la poussière vaincue, elle lavait ensuite les vitres, l’extérieur puis l’intérieur, les montants et finissait toujours par passer dessus une feuille de papier journal froissé et imbibé de vinaigre. La moindre trace récalcitrante passait au crible de son regard acéré.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite venait le tour des sols, des carrelages et des linos qu’elle lavait à grandes eaux, en veillant à ce que l’eau de son seau fut toujours assez limpide. Elle nettoyait les plinthes avec une éponge et du Saint-Marc. « GrandMa ? Pourquoi ton sol est aussi propre que les assiettes ? » Cette remarque lancée un jour la fit sourire….</p>
<p style="text-align: justify;">Elle cirait ensuite les parquets, les meubles, la table puis les lustrait énergiquement, encore et encore. La maison à ce stade de la journée ressemblait à s’y méprendre à une ruche : l’odeur de cire avait envahi tous les coins et recoins de la maison et ma grand-mère, unique abeille active de l’édifice, agitait les bras sur les rayons du salon. Et l’on pouvait entendre le chiffon de laine bourdonner à la surface de la table.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Quand elle avait fini ce grand nettoyage, il devait être aux alentours d’onze heures du matin. Elle passait alors à la cuisine et préparait les deux repas de la journée, celui du soir étant souvent une accommodation des restes. Sa cuisine était plutôt simple et rustique : des potages aux légumes, des bouillons de pâtes, parfois quelques œufs mimosas, ou quelques crudités, carottes râpées, betteraves en cubes, céleri rémoulade ; des plats mijotés, à base de bœuf, de porc ou de lapin accompagnés de carottes, de navets, de céleris, de quelques patates, et parfois de riz ; si le temps ne lui faisait pas défaut, elle préparait quelques desserts lactés, riz au lait, crème anglaise avec des nuages d’œufs en neige qui flottaient comme des îles.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle gardait toujours le nettoyage de la cuisine et les sanitaires pour après manger, non pas qu’elle avait peur de ne rien avoir à faire dans l’après-midi – les courses, les lessives, la couture, et elle faisait même briller les cuivres quand elle se trouvait oisive – mais parce que, disait-elle, c’était inutile de les nettoyer avant qu’ils n’aient servi.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Évidemment, au milieu de toute cette activité ordonnée, il n’y avait pas la place pour un petit garçon comme moi. Je trouvais refuge là où je pouvais, tâchant toujours d’opérer un retrait stratégique quand ma grand-mère gagnait du terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">Je m’efforçais de me faire oublier, en me cachant sous la table, en jouant sur le sol fraîchement briqué du couloir — mais jamais longtemps car je gênais les allées et venues de la ménagère — ou alors je me collais dans un fauteuil en regardant d’un œil morne les programmes sportifs sur la télévision en noir et blanc.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Un jour, alors que je fuyais pour la énième fois ma tornade de grand-mère, il me prit l’idée de monter à l’étage. En raison de mon jeune âge, et parce que mes grands-parents étaient toujours très anxieux à l’idée qu’il puisse m’arriver quelque-chose, l’étage m’était formellement interdit, comme mille autres choses d’ailleurs dans cette maison.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2008/12/infolio1.jpg" rel="lightbox-387"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1684" title="infolio1" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2008/12/infolio1-300x210.jpg" alt="" width="300" height="210" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Cassandre, Presqu’île</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/17/cassandre-presquile/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/17/cassandre-presquile/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 16 Sep 2010 23:01:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Fanes de carottes]]></category>
		<category><![CDATA[Cassandre]]></category>
		<category><![CDATA[Mythologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=1063</guid>
		<description><![CDATA[*   *   * « Qui sourds n’entendent les prières Des pauvres barques marinières. » Pierre de Ronsard, Ode à Cassandre in  Les meslanges « Kasandra  : […] O les choses humaines! si elles prospèrent, une ombre les anéantit, et, dans l’adversité, une éponge  imprégnée d’eau en efface la trace! Et c’est sur cela que je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='et-box et-shadow'>
					<div class='et-box-content'>Je fais remonter ce billet en y incluant le texte… C’est une tragédie en 1 acte sur le thème de Cassandre écrit pour <a href="http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2010/01/25/16643829.html">Fanes de Carottes</a> en janvier 2010.</p>
<p>Comment  Cassandre, qui a conjointement le don de prédire l’avenir et la   malédiction de ne pas être crue, envisage-t-elle, ou pas, sa propre  fin ?  C’est tout le sujet de ce petit texte sans prétention. </div></div>
<p style="text-align: center;"><strong>*   *   *</strong></p>
<div id="attachment_1064" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/01/cassandre.jpg" rel="lightbox-1063"><img class="size-medium wp-image-1064 " title="Cassandre implorant la vengeance de Minerve contre Ajax, Jérôme-Martin Langlois, 1779-1838, Musée des Beaux-arts de Chambéry" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/01/cassandre-300x277.jpg" alt="" width="240" height="222" /></a><p class="wp-caption-text">Cassandre implorant la vengeance de Minerve contre Ajax, Jérôme-Martin Langlois, 1779–1838, Musée des Beaux-arts de Chambéry</p></div>
<blockquote>
<p style="text-align: right;">« <em>Qui sourds n’entendent les prières<br />
Des pauvres barques marinières. </em>»</p>
<p style="text-align: right;">Pierre de Ronsard,<br />
<em>Ode à Cassandre</em> in  <em>Les meslanges</em></p>
<p style="text-align: right;"><em><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Kasandra   : […] O les choses humaines! si elles prospèrent, une ombre les  anéantit, et, dans l’adversité, une éponge  imprégnée d’eau en efface la  trace! Et c’est sur cela que je gémis plus que sur le reste.</em> »</p>
<p style="text-align: right;">Eschyle, <em>Agamemnon</em>, trad. Leconte de Lisle</p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><strong>ACTE FINAL</strong></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><em>Cassandre</em></p>
<p style="text-align: justify;">Que n’ai-je été homme ? Ou muette ? Ou  idiote ? Ou mort-née ? Que n’ai-je écrit le passé au présent plutôt que  le futur à l’imparfait ? Mon nom est lié irrémédiablement à la cendre  volatile, terreuse jusqu’à l’asphyxie. Isolées, mes fines particules  semblent inoffensives, mais innombrables, mais démultipliées elles  retombent et recouvrent les vivants d’un suaire minéral et donnent aux  morts le relief de spectres pétrifiés.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis la pluie de cendres déferlant sur Troie,<br />
Je suis le noir limon charrié par le fleuve incrédule,<br />
Je suis la boue infamante dans laquelle me traîne Ajax…</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em>Le </em><em>chœur </em></p>
<p style="text-align: justify;">Cassandre, Cassandre, tu es la fange, tu es l’ornière,<br />
Cassandre, Cassandre, tu es la frange et la frontière,<br />
Tu es la glaise galeuse, le limon où gît le glabre destin<br />
Et le fumier fécond où l’on dresse les triviaux festins.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em>Cassandre</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ma bouche est pleine de ces braises  ardentes, douloureuses et fascinantes : que des mains s’en saisissent,  avec cette détermination cupide qui fait dérober tout ce qui brille,  elles les repoussent aussitôt, au plus loin, reproduisant ainsi ce  réflexe reptilien du rejet, de l’excrétion de ce qu’on ne peut garder  contre soi sans souffrance, sans défaillir, sans le jeter avec force  vers l’abîme et l’oubli… Et l’on fuit en criant au feu, au diable, à  la vermine !</p>
<p style="text-align: justify;">Que des yeux  se posent sur ces braises et les  voilà médusés et interdits. Immobilité de ce qui sidère : prendre la  pose des astres en attendant le désastre. Les yeux du malheur sont  toujours hagards, ils cherchent sans trouver, ils sondent l’absence et  l’endroit où s’oublier.</p>
<p style="text-align: justify;">La beauté qui irradie de mon être est celle de la flamme :<br />
Sidérante, consumante, hypnotisante jusqu’au létal sommeil.<br />
Je suis la proie prédatrice : j’attire, je captive et je pétrifie ;<br />
Je harcèle, je fulmine, j’effarouche.</p>
<p style="text-align: justify;">L’ombre me dévore davantage que le feu ne ronge le papier.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon miroir est sans tain, ma vérité sans fond.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em>Le chœur </em></p>
<p style="text-align: justify;">Cassandre, Cassandre, ton nom en sang, ton non en cendre !<br />
Cassandre, Cassandre, dans tes yeux, le souffre de la salamandre,<br />
Dans ta bouche, ta langue fourchue et courbe vitupère.<br />
Dans ta gueule, bouillonne le venin, se love la vipère.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em>Cassandre (entend un bruit)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Chut ! Tais-toi ! Il me semble entendre  le destin avancer à pas de velours. Est-ce toi, Clytemnestre ? Va !  Viens ! Accomplis ce que tu dois.</p>
<p style="text-align: justify;">Viens, entre ! La salle de  bain est aussi déserte que le théâtre du meurtre perpétré. Seules nos  ombres laiteuses, celle de ton mari Agamemnon enlaçant la mienne,  flottent à la surface nébuleuse de l’eau. Nous sommes déjà acteurs  jouant aux fantômes qui miment d’antiques acteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Et nous sommes  purs. Aussi purs que le fut Iphigénie le jour où Artémis, prise d’un  ultime élan de clémence, l’a soustraite au sacrifice paternel. Viens  troubler de sang le lait opale dans lequel nos corps emmêlés veillent  l’un sur l’autre dans un paisible sommeil. Hypnos nous a recouverts du  filet perfide qui nous plonge déjà dans la mort. Approche ! N’aie  crainte ! Nos corps émergés sont les rives du Styx où tu noieras ta  vengeance, où, par nos veines tranchées, tu liquéfieras cette maudite  engeance qui fit ton malheur.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em>Le chœur (horrifié, lève les bras au ciel)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Cassandre, Cassandre, pourquoi appelles-tu de tes vœux<br />
Celle qui porte en son sein la lame où se profile ta mort,<br />
Cassandre, Cassandre, saisis au vol la chance unique<br />
De dire et d’être crue, excentre-toi du cercle tragique !<br />
Cassandre, Cassandre, n’éprouve aucun remords<br />
A fuir cet épouvantail destin qui, jamais, n’effraya les freux !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em>Cassandre</em></p>
<p style="text-align: justify;">Fuir ? Mais pourquoi devrais-je fuir ce  qui me libère ? Ce qui me réconcilie avec mes morceaux d’éparses  épaves… Depuis toujours je me sens une presqu’île tristement séparée  de la terre maternelle qui un jour l’a nourrie, un îlot perdu dans une  mer trop vaste et trop houleuse, un morceau de roche fertile et  prometteur qui pourtant ne connaît des mouettes que les rires moqueurs  et les fientes sèches.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em>Le chœur </em></p>
<p style="text-align: justify;">Tu es presqu’île devenue, malgré elle, une île,<br />
Tu es le hiatus du crépuscule, l’ « il y a » des lendemains,<br />
Le soir endeuillé des pierres et la folie rêche du matin,<br />
La voile des barques guerrières et l’hymen saccagé des nubiles.<br />
Cassandre, Cassandre, tu es presqu’île devenue une île,<br />
Une hirondelle rognant son aile sacrifiée à l’éternel exil.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em>Cassandre</em></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, je suis presqu’île. Et ma parole se  détache de moi comme une barque dérivant vers la côte perdue de son  enfance, ce lieu où la crainte n’étouffe pas la vérité dans son œuf et  celui où l’enfant qui va grandir sait s’empêcher de mentir.</p>
<p style="text-align: justify;">Courage,  Clytemnestre, mon adorable, ma meurtrière ! Ne renonce pas, nous sommes  toutes des mères bafouées dont le ventre est un nid déserté de l’amour.  Ne dis mot, nos discours ne sont que des brindilles qui crépitent quand  la forêt se consume sous l’incessant bavardage des flammes. Il restera  toujours des cendres pour combler les longs silences hivernaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre,  j’entends battre follement ton cœur au-delà des rideaux qui me servent  de paupières, je perçois le bruissement par-delà le seuil qui abrite  notre liquide tombeau.</p>
<p style="text-align: justify;">Hâte-toi, entre ! Je suis libre, enfin !  Libérée de cette funeste malédiction qui m’étreint comme un corset trop  serré, comme une peau lépreuse, sur ma peau laiteuse, marouflée.</p>
<p style="text-align: justify;">Libérée,  car toi, je le sais, tu es la première et tu seras la dernière à boire  et à croire les paroles s’écoulant de cette source qui, dans quelques  secondes, enfin, sera sèchement, par tes mains, tarie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em>Agamemnon (sommeillant)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Mais où vas-tu, ma douce, imaginer toutes ces tragédies ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em>Le rideau s’ouvre </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Le chœur s’évanouit</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Foyers</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Sep 2010 22:43:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits]]></category>
		<category><![CDATA[Feue la Salamandre]]></category>
		<category><![CDATA[Haïkus]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Poème graphique]]></category>

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		<description><![CDATA[suie de l’âtre nue est la nuit semant l’ignescent timon d’hiver suis de l’hêtre nuée, l’ennui s’aimant, de lignes et sentiments divers suie de l’être muette d’envie aimante braise incandescente jusqu’à l’étincelle]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/09/foyers1.jpg" rel="lightbox-1574"><img class="aligncenter size-full wp-image-1575" title="foyers (3 Haïkus)" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/09/foyers1.jpg" alt="" width="480" height="480" /></a></p>
<blockquote><p>suie de l’âtre<br />
nue est la nuit semant<br />
l’ignescent timon d’hiver</p>
<p>suis de l’hêtre<br />
nuée, l’ennui s’aimant,<br />
de lignes et sentiments divers</p>
<p>suie de l’être<br />
muette d’envie aimante<br />
braise incandescente jusqu’à l’étincelle</p></blockquote>
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