<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Labyrinthes avec vue &#187; Borges</title>
	<atom:link href="http://www.labyrinthiques.net/category/auteurs/borges/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.labyrinthiques.net</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Thu, 26 Jan 2012 11:04:57 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>La littérature et l’infini, Maurice Blanchot</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2011/08/24/la-litterature-et-linfini-maurice-blanchot/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2011/08/24/la-litterature-et-linfini-maurice-blanchot/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Aug 2011 10:36:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Blanchot]]></category>
		<category><![CDATA[Borges]]></category>
		<category><![CDATA[Essai]]></category>
		<category><![CDATA[Labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Pages dans un courant d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Infini]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=2066</guid>
		<description><![CDATA[« La vérité de la littérature serait dans l’erreur de l’infini. Le monde où nous vivons et tel que nous le vivons est heureusement borné. Il nous suffit de quelques pas pour sortir de notre chambre, de quelques années pour sortir de notre vie. Mais  supposons que, dans cet étroit espace, soudain obscur, soudain aveugles, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« La vérité de la littérature serait dans l’erreur de l’infini. Le monde où nous vivons et tel que nous le vivons est heureusement borné. Il nous suffit de quelques pas pour sortir de notre chambre, de quelques années pour sortir de notre vie. Mais  supposons que, dans cet étroit espace, soudain obscur, soudain aveugles, nous nous égarions.</p>
<p style="text-align: justify;">Supposons que le désert géographique devienne le désert biblique: ce n’est plus quatre pas, ce n’est plus onze jours qu’il nous faut pour le traverser, mais le temps de deux générations, mais toute l’histoire de toute l’humanité, et peut-être davantage. Pour l’homme mesuré et de mesure, la chambre, le désert et le monde sont des lieux strictement déterminés.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’homme désertique et labyrinthique, voué à l’erreur d’une démarche nécessairement un peu plus longue que sa vie, le même espace sera vraiment infini, même s’il sait qu’il ne l’est pas et d’autant plus qu’il le saura. L’erreur, le fait d’être en chemin sans pouvoir s’arrêter jamais, changent le fini en infini. A quoi s’ajoutent ces traits singuliers: du fini qui est pourtant fermé, on peut toujours espérer sortir, alors que l’infinie vastitude est la prison, étant sans issue; de même que tout lieu absolument sans issue devient infini.</p>
<p style="text-align: justify;">Le lieu de l’égarement ignore la ligne droite; on n’y va jamais d’un point à un autre; on ne part pas d’ici pour aller là; nul point de départ et nul commencement à la marche. Avant d’avoir commencé, déjà on recommence; avant d’avoir accompli, on ressasse, et cette sorte d’absurdité consistant à revenir sans être jamais parti, ou à commencer par recommencer, est le secret de la ‘mauvaise’ éternité, correspondant à la ‘mauvaise’ infinité, qui l’un et l’autre recèlent peut-être le sens du devenir. Borges, homme essentiellement littéraire (ce qui veut dire qu’il est toujours prêt à comprendre selon le mode de compréhension qu’autorise la littérature), est aux prises avec la mauvaise éternité et la mauvaise infinité, les seules peut-être dont nous puissions faire l’épreuve, jusqu’à ce glorieux retournement qui s’appelle l’extase. Le livre est en principe le monde pour lui, et le monde est un livre. Voilà qui devrait le tranquilliser sur le sens de l’univers, car de la raison de l’univers, l’on peut douter, mais le livre que nous faisons, et en particulier ces livres de fiction organisés avec adresse, comme des problèmes parfaitement obscurs auxquels conviennent des solutions parfaitement claires, tels les romans policiers, nous les savons pénétrés d’intelligence et animés de ce pouvoir d’agencement qu’est l’esprit. Mais si le monde est un livre, tout livre est le monde, et de cette innocente tautologie, il résulte des conséquences redoutables »</p>
<p style="text-align: right;">Maurice Blanchot, <em>Le Livre à venir, Ed. Gallimard, pp. 139–141</em></p>
<p style="text-align: right;"><em><br />
Illustration : Junichiro Ishii  : “Rue de l’Infinité” – 2007 — Installation pour un pré d’estive de la station Chastreix-Sancy  [<a href="http://www.horizons-sancy.com/" target="_blank">source</a>] </em></p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.labyrinthiques.net/2011/08/24/la-litterature-et-linfini-maurice-blanchot/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La géométrie de l’Univers selon Borges</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/26/la-geometrie-de-lunivers-selon-borges/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/26/la-geometrie-de-lunivers-selon-borges/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 26 Sep 2010 08:50:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Borges]]></category>
		<category><![CDATA[Pages dans un courant d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque]]></category>
		<category><![CDATA[Infini]]></category>
		<category><![CDATA[Labyrinthe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=846</guid>
		<description><![CDATA[« La ligne est composée d’un nombre infini de points ; le plan, d’un nombre infini de lignes ; le volume, d’un nombre infini de plans ; l’hyper-volume, d’un nombre infini de volumes… Non, décidément, ce n’est pas là, more geometrico, la meilleure façon de commencer mon récit. C’est devenu une convention aujourd’hui d’affirmer de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/09/2001_kubrick.jpg" rel="lightbox-846"><img class="aligncenter size-full wp-image-1793" title="2001 L'odyssée de l'espace, S. Kubrick" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/09/2001_kubrick.jpg" alt="" width="576" height="461" /></a></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« <em>La ligne est composée d’un nombre infini de points ; le plan, d’un nombre infini de lignes ; le volume, d’un nombre infini de plans ; l’hyper-volume, d’un nombre infini de volumes… Non, décidément, ce n’est pas là, more geometrico, la meilleure façon de commencer mon récit. C’est devenu une convention aujourd’hui d’affirmer de tout conte fantastique qu’il est véridique ; le mien, pourtant, est véridique.</em> »</p>
<p style="text-align: right;"><em>Le livre de sable</em>, J.-L. Borges,  Folio Gallimard</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">«<em> L’univers (que d’autres appellent la Bibliothèque) se compose d’un nombre indéfini, et peut-être infini, de galeries hexagonales, avec au centre de vastes puits d’aération bordés par des balustrades basses. De chacun de ces hexagones on aperçoit les étages inférieurs et supérieurs, interminablement. La distribution des galeries est invariable. […] Les hommes en tirent conclusion que la Bibliothèque n’est pas infinie; si elle l’était réellement, à quoi bon cette duplication illusoire ?</em>»</p>
<p style="text-align: right;"><em>La bibliothèque de Babel</em> in <em>Fictions</em>, J.-L. Borges, Folio Gallimard</p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.labyrinthiques.net/2010/09/26/la-geometrie-de-lunivers-selon-borges/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Nuages (I), J.-L. Borges</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2010/01/07/nuages-i-j-l-borges/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2010/01/07/nuages-i-j-l-borges/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 07 Jan 2010 09:50:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Borges]]></category>
		<category><![CDATA[Pages dans un courant d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Nuage]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=1021</guid>
		<description><![CDATA[NUAGES (I) Pas une chose au monde qui ne soit Nuage. Nuages, les cathédrales, pierre imposante et bibliques verrières, qu’aplanira le temps. Nuage l’Odyssée, mouvante, comme la mer, neuve toujours quand nous l’ouvrons. Le reflet de ta face est un autre, déjà, dans le miroir et le jour, un labyrinthe impalpable. Nous sommes ceux qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1023" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/01/gudin.jpg" rel="lightbox-1021"><img class="size-medium wp-image-1023" title="Tempête sur les côtes de Belle-Ile, Théodore Gudin (1802-1880) " src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2010/01/gudin-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Tempête sur les côtes de Belle-Ile, Théodore Gudin (1802–1880)</p></div>
<blockquote><p>NUAGES (I)</p>
<p>Pas une chose au monde qui ne soit<br />
Nuage. Nuages, les cathédrales,<br />
pierre imposante et bibliques verrières,<br />
qu’aplanira le temps. Nuage l’<em>Odyssée</em>,<br />
mouvante, comme la mer, neuve<br />
toujours quand nous l’ouvrons. Le reflet<br />
de ta face est un autre, déjà, dans le miroir<br />
et le jour, un labyrinthe impalpable.<br />
Nous sommes ceux qui partent. Le nuage<br />
nombreux qui s’efface au couchant<br />
est notre nuage. Telle rose<br />
en devient une autre, indéfiniment.<br />
Tu es nuage, tu es mer, tu es oubli.<br />
Tu es aussi ce que tu as perdu.</p>
<p style="text-align: right;">Jorge Luis Borges, <em>Les Conjurés</em>,<br />
<span style="font-size: small;">traduction par Claude Esteban,<br />
dans <em>Œuvres complètes</em>, op. cit., p. 941.</span></p>
</blockquote>
<p>Poème que j’ai découvert dans la toujours excellente anthologie permanente de la poésie, j’ai nommé <a href="http://poezibao.typepad.com/poezibao/" target="_blank">Poezibao</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.labyrinthiques.net/2010/01/07/nuages-i-j-l-borges/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La fin d’Astérion, Jorge Luis Borges</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2009/04/06/la-fin-dasterion-jorge-luis-borges/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2009/04/06/la-fin-dasterion-jorge-luis-borges/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2009 11:19:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Borges]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Pages dans un courant d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Minotaure]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=686</guid>
		<description><![CDATA[La demeure d’Astérion, Jorge Luis Borges, in L’Aleph « […] Tous les neuf ans, neuf êtres humains pénètrent dans la maison pour que je les délivre de toute souffrance. J’entends leurs pas et leurs voix au fond des galeries de pierre, et je cours joyeusement à leur rencontre. Ils tombent l’un après l’autre, sans même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>La demeure d’Astérion</em>, Jorge Luis Borges, <em>in L’Aleph</em></strong></p>
<blockquote><p><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2009/04/minotaure-mort.jpg" rel="lightbox-686"><img class="alignright size-full wp-image-689" title="Détail (médaillon) : Thésée et le Minotaure" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2009/04/minotaure-mort.jpg" alt="Détail (médaillon) : Thésée et le Minotaure" width="250" height="251" /></a>« […] <em>Tous les neuf ans, neuf êtres humains pénètrent dans la maison pour que je les délivre de toute souffrance. J’entends leurs pas et leurs voix au fond des galeries de pierre, et je cours joyeusement à leur rencontre. Ils tombent l’un après l’autre, sans même que mes mains soient tachées de sang. Ils restent où ils sont tombés. Et leurs cadavres m’aident à distinguer des autres telle ou telle galerie. J’ignore qui ils sont. Mais je sais que l’un d’eux, au moment de mourir, annonça qu’un jour viendrait mon rédempteur. Depuis lors, la solitude ne me fait plus souffrir, parce que je sais que mon rédempteur existe et qu’à la fin il se lèvera sur la poussière. Si je pouvais entendre toutes les rumeurs du monde, je percevrais le bruit de ses pas. Pourvu qu’il me conduise dans un lieu où il y aura moins de galeries et moins de portes. Comment sera mon rédempteur ? Je me le demande. Sera-t-il un taureau ou un homme ? Sera-t-il un taureau à tête d’homme ? Ou Sera-t-il comme moi ?</em></p></blockquote>
<blockquote><p><em>Le soleil du matin resplendissait sur l’épée de bronze, où il n’y avait déjà plus trace de sang.<br />
“Le croiras-tu, Ariane ? dit Thésée, le Minotaure s’est à peine défendu.”</em>»</p></blockquote>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.labyrinthiques.net/2009/04/06/la-fin-dasterion-jorge-luis-borges/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>De l’art d’annoter Don Quichotte, Pierre Ménard</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/11/11/de-lart-dannoter-don-quichotte-pierre-menard/</link>
		<comments>http://www.labyrinthiques.net/2008/11/11/de-lart-dannoter-don-quichotte-pierre-menard/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 10 Nov 2008 23:26:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Borges]]></category>
		<category><![CDATA[Labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Pages dans un courant d'air]]></category>
		<category><![CDATA[Minotaure]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=324</guid>
		<description><![CDATA[“A la réflexion, je pense qu’il est légitime de voir dans le Quichotte “final” une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces — ténues mais non indéchiffrables — de l’écriture “préalable” de notre ami. Malheureusement, seul un second Pierre Ménard, en inversant le travail de son prédécesseur, pourraient exhumer ces villes de Troie… [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2008/11/0l0sbows.jpg" rel="lightbox-324"><img class="alignright size-medium wp-image-1691" title="Juan MIRO, Couverture de la revue Minotaure n°7" src="http://www.labyrinthiques.net/wp-content/uploads/2008/11/0l0sbows-266x350.jpg" alt="" width="266" height="350" /></a>“A la réflexion, je pense qu’il est légitime de voir dans le Quichotte “final” une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces — ténues mais non indéchiffrables — de l’écriture “préalable” de notre ami. Malheureusement, seul un second Pierre Ménard, en inversant le travail de son prédécesseur, pourraient exhumer ces villes de Troie…<br />
“Penser, analyser, inventer (m’écrivit-il aussi) ne sont pas des actes anormaux, ils constituent la respiration normale de l’intelligence. Glorifier l’accomplissement occasionnel de cette fonction, thésauriser des pensées anciennes appartenant à autrui, se rappeler avec une stupeur incrédule que le <em>doctor universalis</em> a pensé, c’est confesser notre langueur ou notre barbarie. Tout homme doit être capable de toutes les idées et je suppose qu’il le sera dans le futur.”</p>
<p>Ménard (peut-être sans le vouloir) a enrichi l’art figé et rudimentaire de la lecture par une technique nouvelle : la technique de l’anachronisme délibéré et des attributions erronées. Cette technique, aux applications infinies, nous invite à parcourir l’<em>Odyssée</em> comme si elle était postérieure à l’<em>Enéide</em> et le livre <em>Le Jardin du centaure</em>, de Mme Henri Bachelier, comme s’il était de Mme Henri Bachelier. Cette technique peuple d’aventures les livres les plus paisibles. Attribuer l’<em>Imitation de Jésus-Christ</em> à Louis-Ferdinand Céline ou à James Joyce, n’est-ce pas renouveler suffisamment les minces conseils de cet ouvrage ?”</p>
<p style="text-align: right;">J.L. Borges, <em>“Pierre Ménard auteur du ‘Quichotte’” </em>in <em>Fictions</em></p>
<p>Ah !  le fantasme du palimpseste total, celui où, enfin débarrassé de tout scrupule littéraire, on rêve enfin de tuer l’idole — ce minotaure fossilisé, inexpugnable et indélébile  — qui hante notre labyrinthe.  On s’imagine en usurper la place… Et puis, ouvrant les yeux, on le croise au hasard d’un couloir. On n’en finit jamais avec l’idole : elle est gravée sur les murs. On se sent soulagé, presque heureux, et puis on ferme à nouveau les yeux…</p>
<p>Certains n’en rêvent pas, ils le font. Pas malins, ils s’habillent de leur vrais noms, on les appelle alors vulgairement des plagiaires.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.labyrinthiques.net/2008/11/11/de-lart-dannoter-don-quichotte-pierre-menard/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

