Sur la pointe des pieds

Sur la pointe des pieds

Aupa­ra­vant, je ne m’étais rare­ment pen­ché sur l’univers des Haï­kus et depuis que j’ai lu Basho, Issa, Shiki, L’Art du Haïku, je découvre cet uni­vers minus­cule en vers avec délec­ta­tion. Je vous ferai, de temps en temps, part de mes découvertes…

Sur la pointe des pieds,
Damien Gabriels et Paul de Mari­court
Edi­tions L’Iroli, 2008

J’ai donc com­mencé… par la fin ! enfin, disons que j’ai abordé l’art du Haïku avec deux contem­po­rains : Damien Gabriels et Paul de Mari­court qui nous offrent, Sur la pointe des pieds, un aperçu de l’évolution contem­po­raine et occi­den­tale de cet art du mini­ma­lisme et du pro­saïque, le tout illus­tré par des des­sins d’enfants d’un ate­lier de des­sins à Beauvais.

Beau­coup de ces Haïku sont très drôles et montrent bien un des inté­rêts du Haïku — qui n’est pas juste un petit mor­ceau d’évanescence - mais qui est aussi de sus­ci­ter la sur­prise, la curio­sité, de ren­con­trer aussi le lec­teur là où il ne s’y attend pas.

Les thèmes sont variés :

- cer­tains traitent d’une cer­taine nos­tal­gie de l’enfance :

réunion de tra­vail
~ un papier de caram­bar
au fond de ma poche

Damien

- d’autres du rap­port à la nature, mais avec une vision toute contem­po­raine, ce qui est agréable car il n’y a pas ici de ten­ta­tive ni d’orientalisation ni de natu­ra­li­sa­tion du haïku :

lon­geant l’étang
coa, coa, coa…
mon portable

Paul

Beau­coup parlent du désir, avec déli­ca­tesse ou de manière plus crue :

sta­tion Châ­te­let
~ un poseur d’affiche maroufle
la fille en bikini

Damien

la vio­lo­niste,
je vou­drais être sourd
pour la voir jouer

Paul

D’autres enfin sont plus graves et abordent la mort avec une inten­sité dra­ma­tique accrue par la rapi­dité d’exposition de la scène :

pigeon immo­bile ~
le sait-il au moins
qu’il est mort ?

Paul

Ce sont donc des petites perles à lire quand on a le temps (c’est court mais jus­te­ment l’enjeu c’est de ne pas le lire en dix minutes), quand on a l’esprit à vaga­bon­der et à s’ouvrir aux petits riens de la vie…




Une réponse à “Sur la pointe des pieds”

  1. mc d'augé dit :

    ah ! le poseur d’affiche qui “marouffle” … j’aime beau­coup ce verbe depuis que je pra­tique ;o) bien ton idée, j’aime bien ces petites phrases qui en disent long… bisous

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