Une pause, une rêverie

Une pause, une rêverie

Entre fic­tion et réalité.

Une rêve­rie entou­rée de deux artistes du Land Art.

Qu’est-ce qui pour­rait bien sor­tir de ce crâne croûté ? Exor­ci­ser un passé qui n’est pas si loin­tain. Un je ne sais pas trop qui tour­billonne. La lune qui est trop pleine. L’agacement du vide. La beauté du moment. Voix si grave. J’ai l’impression qu’il y a tel­le­ment de temps depuis. De grandes roues cabos­sées. Deux yeux vitrés de rires faus­sés. Sui­vant la nuit au gré du hasard, me lais­sant por­ter à l’inconnu. Sans par­fois de grandes émotions. A quoi « je » cor­res­pond ? En quel temps se situe-t-il ? Dans quelle enve­loppe visuelle ? Ces petites choses qui tra­versent mon champ et qui font par­tie d’une autre réa­lité. Elles font par­tie de moi, en cela n’est-il pas pos­sible que je les vois en dehors, dans cette réa­lité matérielle ?

Exanlte. Pas impro­bable. Sus­pen­due. Fris­son­ne­ments des feuilles.

Le lac gelé par la nappe déser­tique. Ne pas attendre le son des cloches. Hurlait-il pour se sen­tir vivant. Je vou­drais qu’il fasse jour de temps en temps.

(Bruit de la pluie)

La pen­sée existe, mais sans le lan­gage parle, dans un rêve aussi. Celle-ci doit être mon­trée seule­ment dans les moments de concep­tua­li­sa­tion de la pensée.

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1

Le rêve

Un glis­se­ment pro­gres­sif vers un ailleurs par­ti­cu­lier, où la conscience se trans­forme et laisse place à l’inconscient. Un monde à cha­cun mais com­mun par son méca­nisme. Un relâ­che­ment du corps et de l’âme. En res­tant sur cette déno­mi­na­tion d’Ame, c’est comme si elle nous pro­je­tait des images, mais sur­tout, elle fait trem­bler tout l’intérieur du ventre et nous amène à faire ou pen­ser des choses que les yeux ouverts ne peuvent pas atteindre.

Plus le corps accepte de se détendre et de s’ouvrir à cette expé­rience, plus il donne des pos­si­bi­li­tés à l’esprit.

2

Un ver­tige trouble impré­gné d’irréalité. Un sable mou­vant où seul la conscience peut nous en faire sor­tir. Une liqueur douce et pro­gres­sive avec des sus­pen­sions ten­dues, tiraillées par tous les sens. Ins­tincts mul­ti­pliés. Émotion figée. Bou­le­ver­se­ments, inat­ten­dus. Para­noïa, hal­lu­ci­na­tion. Confron­ta­tions per­pé­tuelles en soi, autour de soi, en sur-soi. Pro­jec­tions mal­léables, confuses ou très pré­cises, vision élar­gie (champ de vision), sen­ti­ments déme­su­rés, per­tur­bants par­fois (inter­ven­tion de conscience) mais sur­tout très atti­rants –aspi­rants. Gouffre de l’entre-deux. La mort n’est pas loin.

Mon rêve serait un rêve.

1– Knot­weed Stalks, Derwent Water, Cum­bria, Feb/March 1988, Andy Gold­swor­thy
2–
Root sculp­ture, mexico city, 1995, Nils Udo




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