Api apiculteur ! Trouve l’interrupteur…

Api apiculteur ! Trouve l’interrupteur…

Dimanche 15 mars, der­nier jour du prin­temps des poètes…
Le prin­temps ne fait que pas­ser, la poé­sie est dans la demeure…
D’heure en heure
L’apiculteur se meurt
Il a eu son heure
Il a fait son beurre
Api api­cul­teur
D’heure en heure
L’apiculteur effleure
La fin du labeur
Api api­cul­teur
Dans une autre vie
Les mar­gue­rites s’effeuillent au ralenti
Per­sonne n’est vain­queur
Les proies les pré­da­teurs
Savourent le nec­tar
D’une pomme d’api
Api api­cul­teur
L’heure c’est l’heure
On n’est pas d’humeur
A ver­ser des pleurs
Fières sont les ouvrières
Le jour en tailleur
Le soir en guê­pière
Quand la mort vous susurre
Des ser­ments velou­tés
Que rien n’est moins sûr
N’aura plus d’importance
Ni la cha­leur
Ni les piqûres
Api api­cul­teur
Api api­cul­teur
D’heure en heure
L’apiculteur se meurt
Trouve l’interrupteur
Une oasis
Aux allées bor­dées d’épagneuls
Que la splen­deur n’effraie plus
Api api­cul­teur
Api api­cul­teur
Api api­cul­teur
Api

Api­cul­teur
Chat­ter­ton, 1994
Paroles: Alain Bashung — Jean Fauque, musique: Alain Bashung

Il m’aura fallu fau­cher les blés
Apprendre à manier la fourche
Pour retrou­ver le vrai
Faire table rase du passé
La dis­corde qu’on a semée
A la sur­face des regrets
N’a pas pris

Le souffle coupé
La gorge irri­tée
Je m’époumonais
Sans broncher

Angora,
Montre-moi
D’où vient la vie,
Où vont les vais­seaux mau­dits
Angora,
Sois la soie
Sois encore à moi

Les pluies acides
Décharnent les sapins
J’y peux rien, j’y peux rien,
Coule la résine

S’agglutine le venin
J’ crains plus la man­dra­gore
J’ crains plus mon des­tin
J’ crains plus rien

Le souffle coupé
La gorge irri­tée
Je m’époumonais
Sans broncher

Angora,
Montre-moi
D’où vient la vie
Où vont les vais­seaux mau­dits
Angora,
Sois la soie
Sois encore à moi


Agora
Fan­tai­sie mili­taire, 1998
Paroles: Alain Bashung — Jean Fauque, musique: Alain Bashung



2 réponses à “Api apiculteur ! Trouve l’interrupteur…”

  1. mc de la rochette dit :

    et comme chan­tait Ferré
    “poètes … cir­cu­lez !“
    heu­reu­se­ment les écrits res­tent …
    ver­tige de l’amour et tutti quanti …
    bon dimanche à vous biz

  2. Sébastien dit :

    Oui d’ailleurs Ferré a été l’un de ses der­niers “guides”… Lu dans le Nou­vel Obs

    N. O. — L’influence de Léo Ferré y était per­cep­tible…
    A. Bashung. — A Bruxelles, où j’enregistrais mon album [l’imprudence], j’avais emporté l’intégrale de Ferré pour tout réécou­ter. Un de ses disques conte­nait une chan­son de 45 minutes. Il y avait des cas­sures, il hur­lait puis il mur­mu­rait… Quelle belle aven­ture musi­cale hors for­mat ! Paral­lè­le­ment, je voyais défi­ler des rockers amé­ri­cains à la télé­vi­sion. Ils por­taient les che­veux longs et pre­naient l’air méchant tout en fai­sant leurs petits mor­ceaux cali­brés de 3 minutes. Je me disais : elle est où la rébel­lion ? Ferré m’a aidé au moment de créer «l’Imprudence», qui évoquait cette époque où à force de pru­dence on veut limi­ter les risques finan­ciers, intel­lec­tuels et autres. L’imprudence peut conduire à la catas­trophe, c’est vrai, mais elle réserve aussi par­fois de belles surprises.

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