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	<title>Commentaires sur : En lisant en écoutant : Rutebeuf</title>
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		<title>Par : Jérôme</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/10/14/en-lisant-en-ecoutant-rutebeuf/comment-page-1/#comment-657</link>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2009 12:43:00 +0000</pubDate>
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		<description>Merci pour toutes ces explications passionnantes. Mais j&#039;ajouterai une très belle version chantée : celle, contre toute attente, de Didier Barbelivien, dans son album Léo, en hommage à Ferré...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci pour toutes ces explications passionnantes. Mais j’ajouterai une très belle version chantée : celle, contre toute attente, de Didier Barbelivien, dans son album Léo, en hommage à Ferré…</p>
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		<title>Par : Sébastien</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/10/14/en-lisant-en-ecoutant-rutebeuf/comment-page-1/#comment-121</link>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2008 13:54:34 +0000</pubDate>
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		<description>Le texte de Rutebeuf est violent comme l&#039;est la vie souvent avec ceux qui vivent dans une certaine marge de la société, soit qu&#039;ils l&#039;ont choisi soit que la vie les y a poussé. En ce sens on peut constater que notre société n&#039;a guère évolué depuis le moyen age, et que cela devrait nous questionner davantage. Le texte de Ferré centre la problématique du texte sur la solitude, sur l&#039;abandon affectif et misérable que l&#039;on vit quand tout a basculé et que sa vie se délite... Ce n&#039;est pas très joyeux non plus mais en même temps c&#039;est aussi toujours contemporain ce mal-être. Les textes passent et malgré nos agitations notre société paraît impassible.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Le texte de Rutebeuf est violent comme l’est la vie souvent avec ceux qui vivent dans une certaine marge de la société, soit qu’ils l’ont choisi soit que la vie les y a poussé. En ce sens on peut constater que notre société n’a guère évolué depuis le moyen age, et que cela devrait nous questionner davantage. Le texte de Ferré centre la problématique du texte sur la solitude, sur l’abandon affectif et misérable que l’on vit quand tout a basculé et que sa vie se délite… Ce n’est pas très joyeux non plus mais en même temps c’est aussi toujours contemporain ce mal-être. Les textes passent et malgré nos agitations notre société paraît impassible.</p>
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	<item>
		<title>Par : InFolio</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/10/14/en-lisant-en-ecoutant-rutebeuf/comment-page-1/#comment-112</link>
		<dc:creator>InFolio</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Oct 2008 16:27:34 +0000</pubDate>
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		<description>Afin de ne pas laisser ce commentaire perdu sur un mail : 
joan baez et Ruteboeuf. Très mélancolique, alors que le texte (lu deux lignes en VO et vite passé en VF) d&#039;origine est plus violent et vindicatif par certains aspects... 
étrange comme cet arrangement musical et ces paroles me font songer à &quot;Ballade en novembre&quot; de Anne Vanderlove...(http://www.paroles.net/chanson/11339.1). 
Une version de Léotard, juste pour changer de voix avec une version plus rocailleuse.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Afin de ne pas laisser ce commentaire perdu sur un mail :<br />
joan baez et Ruteboeuf. Très mélancolique, alors que le texte (lu deux lignes en VO et vite passé en VF) d’origine est plus violent et vindicatif par certains aspects…<br />
étrange comme cet arrangement musical et ces paroles me font songer à “Ballade en novembre” de Anne Vanderlove…(<a href="http://www.paroles.net/chanson/11339.1" rel="nofollow">http://www.paroles.net/chanson/11339.1</a>).<br />
Une version de Léotard, juste pour changer de voix avec une version plus rocailleuse.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : sylvie</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/10/14/en-lisant-en-ecoutant-rutebeuf/comment-page-1/#comment-105</link>
		<dc:creator>sylvie</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2008 09:35:30 +0000</pubDate>
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		<description>Bah, je garde l&#039;araignée alors, le hasard et gravatar ont surement bien fait les choses :@)</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bah, je garde l’araignée alors, le hasard et gravatar ont surement bien fait les choses :@)</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : ekwerkwe</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/10/14/en-lisant-en-ecoutant-rutebeuf/comment-page-1/#comment-101</link>
		<dc:creator>ekwerkwe</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2008 16:13:14 +0000</pubDate>
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		<description>&gt; Sylvie

Tout à fait au hasard, Gravatar m&#039;a attribué un ange...
;)
Nan, en fait, c&#039;est moi qui ai paramétré mon profil wordpress (tout comme tu as un joli coquelicot sur tous les blogspots).</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>&gt; Sylvie</p>
<p>Tout à fait au hasard, Gravatar m’a attribué un ange…<br />
 <img src='http://www.labyrinthiques.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /><br />
Nan, en fait, c’est moi qui ai paramétré mon profil wordpress (tout comme tu as un joli coquelicot sur tous les blogspots).</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Sébastien</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/10/14/en-lisant-en-ecoutant-rutebeuf/comment-page-1/#comment-99</link>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2008 15:24:55 +0000</pubDate>
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		<description>Oui c&#039;est absolument au hasard ;) c&#039;est gravatar qui attribue ici les avatars (comme dans de nombreux blogs maintenant) : http://fr.gravatar.com/</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Oui c’est absolument au hasard <img src='http://www.labyrinthiques.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  c’est gravatar qui attribue ici les avatars (comme dans de nombreux blogs maintenant) : <a href="http://fr.gravatar.com/" rel="nofollow">http://fr.gravatar.com/</a></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : sylvie</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/10/14/en-lisant-en-ecoutant-rutebeuf/comment-page-1/#comment-98</link>
		<dc:creator>sylvie</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2008 15:18:38 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=97#comment-98</guid>
		<description>euh... L&#039;araignée là, c&#039;est au hasard qu&#039;elle m&#039;a été attribuée ? Fait comment ek. pour avoir une image ?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>euh… L’araignée là, c’est au hasard qu’elle m’a été attribuée ? Fait comment ek. pour avoir une image ?</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : sylvie</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/10/14/en-lisant-en-ecoutant-rutebeuf/comment-page-1/#comment-97</link>
		<dc:creator>sylvie</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2008 15:15:08 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=97#comment-97</guid>
		<description>Encore une play list à découvrir ! Super,décidément, je suis partie pour une longue soirée en chanson, à tout à l&#039;heure, donc, quand je pourrai faire du bruit ;)</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Encore une play list à découvrir ! Super,décidément, je suis partie pour une longue soirée en chanson, à tout à l’heure, donc, quand je pourrai faire du bruit <img src='http://www.labyrinthiques.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Sébastien</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/10/14/en-lisant-en-ecoutant-rutebeuf/comment-page-1/#comment-94</link>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2008 10:51:59 +0000</pubDate>
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		<description>Ah oui une autre anecdote à propos de cette chanson et c&#039;est Ferré qui la raconte (je n&#039;ai plus la référence par contre) :
« &lt;i&gt;La poésie est dans la rue, avec la musique et grâce à la musique. En 1956, j&#039;avais enregistré un disque avec entre autres, Pauvre Rutebeuf, ce poète du XIIIème siècle. Un matin, allant faire mes commissions à Neuilly, j&#039;habitais sur la frontière Porte Maillot, il y avait un chauffeur de camion arrêté. Quand il m&#039;a vu, il s&#039;est penché par sa portière et m&#039;a dit : &quot;Léo, quand est-ce que tu nous chanteras le &quot;pauvre boeuf&quot; à la télévision ?&quot; Je me suis bien gardé de rectifier en me disant : &quot;Un jour, tu sauras toi-même que Rutebeuf n&#039;était pas un &quot;boeuf&quot;. C&#039;est çà, la connaissance... La Culture...dans le coeur... &lt;/i&gt; »</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ah oui une autre anecdote à propos de cette chanson et c’est Ferré qui la raconte (je n’ai plus la référence par contre) :<br />
« <i>La poésie est dans la rue, avec la musique et grâce à la musique. En 1956, j’avais enregistré un disque avec entre autres, Pauvre Rutebeuf, ce poète du XIIIème siècle. Un matin, allant faire mes commissions à Neuilly, j’habitais sur la frontière Porte Maillot, il y avait un chauffeur de camion arrêté. Quand il m’a vu, il s’est penché par sa portière et m’a dit : “Léo, quand est-ce que tu nous chanteras le “pauvre boeuf” à la télévision ?” Je me suis bien gardé de rectifier en me disant : “Un jour, tu sauras toi-même que Rutebeuf n’était pas un “boeuf”. C’est çà, la connaissance… La Culture…dans le coeur… </i> »</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Sébastien</title>
		<link>http://www.labyrinthiques.net/2008/10/14/en-lisant-en-ecoutant-rutebeuf/comment-page-1/#comment-93</link>
		<dc:creator>Sébastien</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2008 10:21:29 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.labyrinthiques.net/?p=97#comment-93</guid>
		<description>Ferré on le voit bien a plus que largement adapté le texte de Rutebeuf en prenant ici et là des phrases qui dans La griesche d’hiver, qui dans la Complainte de Rutebeuf (que je n&#039;ai pas mis ici alors que c&#039;est la plus grosse inspiration de Ferrré).
Cette complainte s&#039;intitule exactement : &quot;Ici commence la complainte de Rutbeuf et de son oeil&quot; et j&#039;en mets un extrait en ancien français (sans traduction) à la fin de ce commentaire.

En effet on peut considérer que la chanson de Ferré un palimpseste (historique oui ça me plait ça !) et en même temps une sorte de &lt;i&gt;Reader Digest&lt;/i&gt; du texte de Rutebeuf. C&#039;est aussi pourquoi je pense que les interprète à la suite de Ferré ont choisi son condensé (que l&#039;on voit parfois attribué tel quel à Rutebeuf sur le net, dont ton assertion est vraie, le texte contemporain a pris le dessus sur l&#039;original) plutôt que de retravailler à partir du texte original. 

Pour ce qui est de l&#039;influence de Villon, en fait, malgré le siècle et demi qui les sépare, il y a une certaine ressemblance thématique avec Rutebeuf : 
- Contrairement à la chanson de geste qui chante au XIIIe siècle les valeurs courtoises, Rutebeuf &quot;se fait gravement l&#039;écho de la faiblesse humaine, de l&#039;incertitude et de la pauvreté&quot;. Villon, lui, &quot;traduit le trouble et la violence de cette époque&quot;. 
Et puis aussi comme tu le soulignes, cet écho vient surtout du fait qu&#039;on connaît davantage Villon et sa Ballade des pendus (qui inspire peut-être lui le Bal de Laze de Michel Polnareff).

Même préférence que toi, en dehors de celle de Ferré dont je reste inconditionnel. D&#039;ailleurs j&#039;adore l&#039;oeuvre chantée de Léotard. En 3e position j&#039;y mettrais Catherine Sauvage. Par contre je trouve qu&#039;Hugues aurait vraiment du s&#039;asbtenir.

« &lt;i&gt;Ci encoumence la complainte Rutebuef de son oeul&lt;/i&gt;
Ne covient pas je vos raconte
Coument je me sui mis a hunte,
Quar bien aveiz oï le conte
En queil meniere
Je pris ma fame darreniere,
Qui bele ne gente nen iere.
Lors nasqui painne
Qui dura plus d&#039;une semainne,
Qu&#039;el coumensa en lune plainne.
Or entendeiz,
Vos qui rime me demandeiz,
Coument je me sui amendeiz
De fame panrre.
Je n&#039;ai qu&#039;engagier ne que vendre,
Que j&#039;ai tant eü a entendre
Et tant a faire,
Et tant d&#039;anui et de contraire,
Car, qui le vos vauroit retraire,
Il durroit trop.
Diex m&#039;a fait compaignon a Job:
Il m&#039;a tolu a un sol cop
Quanque j&#039;avoie.
De l&#039;ueil destre, dont miex veoie,
Ne voi ge pas aleir la voie
Ne moi conduire.
Ci at doleur dolante et dure,
Qu&#039;endroit meidi m&#039;est nuit oscure
De celui eul.
Or n&#039;ai ge pas quanque je weil,
Ainz sui dolanz et si me dueil
Parfondement,
C&#039;or sui en grant afondement
Ce par ceulz n&#039;ai relevement
Qui jusque ci
M&#039;ont secorru, la lor merci.
Moult ai le cuer triste et marri
De cest mehaing,
Car je n&#039;i voi pas mon gaaing.
Or n&#039;ai je pas quanque je aing:
C&#039;est mes damaiges.
Ne sai ce s&#039;a fait mes outrages.
Or devanrrai sobres et sages
Aprés le fait
Et me garderai de forfait.
Mais ce que vaut quant c&#039;est ja fait?
Tart sui meüz.
A tart me sui aparceüz
Quant je sui en mes laz cheüz
Ce premier an.
Me gart cil Diex en mon droit san
Qui por nous ot poinne et ahan,
Et me gart l&#039;arme!
Or a d&#039;enfant geü ma fame;
Mes chevaux ot brizié la jambe
A une lice;
Or wet de l&#039;argent ma norrice,
Qui m&#039;en destraint et m&#039;en pelice
Por l&#039;enfant paistre,
Ou il revanrra braire en l&#039;aitre.
Cil sire Diex qui le fit naitre
Li doint chevance
Et li envoit sa soutenance,
Et me doint ancor alijance
Qu&#039;aidier li puisse,
Et que miex son vivre li truisse,
Et que miex mon hosteil conduisse
Que je ne fais.
Ce je m&#039;esmai, je n&#039;en puis mais,
Car je n&#039;ai douzainne ne fais,
En ma maison,
De buche por ceste saison.
Si esbahiz ne fu nunz hom
Com je sui voir,
C&#039;onques ne fui a mainz d&#039;avoir.
Mes hostes wet l&#039;argent avoir
De son hosteil,
Et j&#039;en ai presque tout ostei,
Et si me sunt nu li costei
Contre l&#039;iver,
Dont mout me sunt changié li ver
(Cist mot me sunt dur et diver)
Envers antan.
Par poi n&#039;afoul quant g&#039;i enten.
Ne m&#039;estuet pas tenneir en ten;
Car le resvuoil
Me tenne asseiz quant je m&#039;esvuoil;
Si ne sai, se je dor ou voil
Ou se je pens,
Queil part je panrrai mon despens
De quoi passeir puisse cest tens:
Teil siecle ai gié.
Mei gage sunt tuit engaigié
Et d&#039;enchiez moi desmenagiei,
Car g&#039;ai geü
Trois mois, que nelui n&#039;ai veü.
Ma fame ra enfant eü,
C&#039;un mois entier
Me ra geü sor le chantier.
Ge [me] gisoie endementier
En l&#039;autre lit,
Ou j&#039;avoie pou de delit.
Onques mais moins ne m&#039;abelit
Gesirs que lors,
Car j&#039;en sui de mon avoir fors
Et s&#039;en sui mehaigniez dou cors
Jusqu&#039;au fenir.
Li mal ne seivent seul venir;
Tout ce m&#039;estoit a avenir,
C&#039;est avenu.
Que sunt mi ami devenu
Que j&#039;avoie si pres tenu
Et tant amei?
Je cuit qu&#039;il sunt trop cleir semei;
Il ne furent pas bien femei,
Si sunt failli.
Iteil ami m&#039;ont mal bailli,
C&#039;onques, tant com Diex m&#039;assailli
E[n] maint costei,
N&#039;en vi .I. soul en mon ostei.
Je cui li vens les m&#039;at ostei,
L&#039;amours est morte:
Se sont ami que vens enporte,
Et il ventoit devant ma porte,
Ces enporta,

[...]
L&#039;esperance de l&#039;andemain,
Si sunt mes festes. »

On trouve &lt;a href=&quot;http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&amp;O=NUMM-101490)&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;le texte in extenso en ancien français sur Gallica&lt;/a&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ferré on le voit bien a plus que largement adapté le texte de Rutebeuf en prenant ici et là des phrases qui dans La griesche d’hiver, qui dans la Complainte de Rutebeuf (que je n’ai pas mis ici alors que c’est la plus grosse inspiration de Ferrré).<br />
Cette complainte s’intitule exactement : “Ici commence la complainte de Rutbeuf et de son oeil” et j’en mets un extrait en ancien français (sans traduction) à la fin de ce commentaire.</p>
<p>En effet on peut considérer que la chanson de Ferré un palimpseste (historique oui ça me plait ça !) et en même temps une sorte de <i>Reader Digest</i> du texte de Rutebeuf. C’est aussi pourquoi je pense que les interprète à la suite de Ferré ont choisi son condensé (que l’on voit parfois attribué tel quel à Rutebeuf sur le net, dont ton assertion est vraie, le texte contemporain a pris le dessus sur l’original) plutôt que de retravailler à partir du texte original. </p>
<p>Pour ce qui est de l’influence de Villon, en fait, malgré le siècle et demi qui les sépare, il y a une certaine ressemblance thématique avec Rutebeuf :<br />
– Contrairement à la chanson de geste qui chante au XIIIe siècle les valeurs courtoises, Rutebeuf “se fait gravement l’écho de la faiblesse humaine, de l’incertitude et de la pauvreté”. Villon, lui, “traduit le trouble et la violence de cette époque”.<br />
Et puis aussi comme tu le soulignes, cet écho vient surtout du fait qu’on connaît davantage Villon et sa Ballade des pendus (qui inspire peut-être lui le Bal de Laze de Michel Polnareff).</p>
<p>Même préférence que toi, en dehors de celle de Ferré dont je reste inconditionnel. D’ailleurs j’adore l’oeuvre chantée de Léotard. En 3e position j’y mettrais Catherine Sauvage. Par contre je trouve qu’Hugues aurait vraiment du s’asbtenir.</p>
<p>« <i>Ci encoumence la complainte Rutebuef de son oeul</i><br />
Ne covient pas je vos raconte<br />
Coument je me sui mis a hunte,<br />
Quar bien aveiz oï le conte<br />
En queil meniere<br />
Je pris ma fame darreniere,<br />
Qui bele ne gente nen iere.<br />
Lors nasqui painne<br />
Qui dura plus d’une semainne,<br />
Qu’el coumensa en lune plainne.<br />
Or entendeiz,<br />
Vos qui rime me demandeiz,<br />
Coument je me sui amendeiz<br />
De fame panrre.<br />
Je n’ai qu’engagier ne que vendre,<br />
Que j’ai tant eü a entendre<br />
Et tant a faire,<br />
Et tant d’anui et de contraire,<br />
Car, qui le vos vauroit retraire,<br />
Il durroit trop.<br />
Diex m’a fait compaignon a Job:<br />
Il m’a tolu a un sol cop<br />
Quanque j’avoie.<br />
De l’ueil destre, dont miex veoie,<br />
Ne voi ge pas aleir la voie<br />
Ne moi conduire.<br />
Ci at doleur dolante et dure,<br />
Qu’endroit meidi m’est nuit oscure<br />
De celui eul.<br />
Or n’ai ge pas quanque je weil,<br />
Ainz sui dolanz et si me dueil<br />
Parfondement,<br />
C’or sui en grant afondement<br />
Ce par ceulz n’ai relevement<br />
Qui jusque ci<br />
M’ont secorru, la lor merci.<br />
Moult ai le cuer triste et marri<br />
De cest mehaing,<br />
Car je n’i voi pas mon gaaing.<br />
Or n’ai je pas quanque je aing:<br />
C’est mes damaiges.<br />
Ne sai ce s’a fait mes outrages.<br />
Or devanrrai sobres et sages<br />
Aprés le fait<br />
Et me garderai de forfait.<br />
Mais ce que vaut quant c’est ja fait?<br />
Tart sui meüz.<br />
A tart me sui aparceüz<br />
Quant je sui en mes laz cheüz<br />
Ce premier an.<br />
Me gart cil Diex en mon droit san<br />
Qui por nous ot poinne et ahan,<br />
Et me gart l’arme!<br />
Or a d’enfant geü ma fame;<br />
Mes chevaux ot brizié la jambe<br />
A une lice;<br />
Or wet de l’argent ma norrice,<br />
Qui m’en destraint et m’en pelice<br />
Por l’enfant paistre,<br />
Ou il revanrra braire en l’aitre.<br />
Cil sire Diex qui le fit naitre<br />
Li doint chevance<br />
Et li envoit sa soutenance,<br />
Et me doint ancor alijance<br />
Qu’aidier li puisse,<br />
Et que miex son vivre li truisse,<br />
Et que miex mon hosteil conduisse<br />
Que je ne fais.<br />
Ce je m’esmai, je n’en puis mais,<br />
Car je n’ai douzainne ne fais,<br />
En ma maison,<br />
De buche por ceste saison.<br />
Si esbahiz ne fu nunz hom<br />
Com je sui voir,<br />
C’onques ne fui a mainz d’avoir.<br />
Mes hostes wet l’argent avoir<br />
De son hosteil,<br />
Et j’en ai presque tout ostei,<br />
Et si me sunt nu li costei<br />
Contre l’iver,<br />
Dont mout me sunt changié li ver<br />
(Cist mot me sunt dur et diver)<br />
Envers antan.<br />
Par poi n’afoul quant g’i enten.<br />
Ne m’estuet pas tenneir en ten;<br />
Car le resvuoil<br />
Me tenne asseiz quant je m’esvuoil;<br />
Si ne sai, se je dor ou voil<br />
Ou se je pens,<br />
Queil part je panrrai mon despens<br />
De quoi passeir puisse cest tens:<br />
Teil siecle ai gié.<br />
Mei gage sunt tuit engaigié<br />
Et d’enchiez moi desmenagiei,<br />
Car g’ai geü<br />
Trois mois, que nelui n’ai veü.<br />
Ma fame ra enfant eü,<br />
C’un mois entier<br />
Me ra geü sor le chantier.<br />
Ge [me] gisoie endementier<br />
En l’autre lit,<br />
Ou j’avoie pou de delit.<br />
Onques mais moins ne m’abelit<br />
Gesirs que lors,<br />
Car j’en sui de mon avoir fors<br />
Et s’en sui mehaigniez dou cors<br />
Jusqu’au fenir.<br />
Li mal ne seivent seul venir;<br />
Tout ce m’estoit a avenir,<br />
C’est avenu.<br />
Que sunt mi ami devenu<br />
Que j’avoie si pres tenu<br />
Et tant amei?<br />
Je cuit qu’il sunt trop cleir semei;<br />
Il ne furent pas bien femei,<br />
Si sunt failli.<br />
Iteil ami m’ont mal bailli,<br />
C’onques, tant com Diex m’assailli<br />
E[n] maint costei,<br />
N’en vi .I. soul en mon ostei.<br />
Je cui li vens les m’at ostei,<br />
L’amours est morte:<br />
Se sont ami que vens enporte,<br />
Et il ventoit devant ma porte,<br />
Ces enporta,</p>
<p>[…]<br />
L’esperance de l’andemain,<br />
Si sunt mes festes. »</p>
<p>On trouve <a href="http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&#038;O=NUMM-101490)" rel="nofollow">le texte in extenso en ancien français sur Gallica</a></p>
]]></content:encoded>
	</item>
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