En lisant en écoutant : Rutebeuf

En lisant en écoutant : Rutebeuf

Je vais aujourd’hui, après ce long billet sur Cal­vino, vous pro­po­ser une rubrique un peu plus légère que d’habitude puisqu’il s’agira de lire en écou­tant, d’écouter en lisant, ou sépa­ré­ment, ou ni l’un ni l’autre, au choix… de toute façon, comme d’habitude, vous faites ce qui vous plaira par ici.

Menu

J’ai pensé, pour nous dépay­ser; que nous pour­rions par­tir loin, loin en arrière, au fin fond du Moyen-Âge, quelque part en plein milieu du XIIIe siècle, et décou­vrir un mor­ceau de poé­sie médié­vale. Voici donc le menu.

Entrée :

Voici pour com­men­cer le texte ori­gi­nel en ancien fran­çais de Rute­beuf, intulé La griesche d’hiver. Vous pou­vez choi­sir d’afficher à la place une tra­duc­tion en fran­çais moderne de mon cru (dur dur de se remettre à l’ancien fran­çais après 10 ans d’inactivité, la tra­duc­tion m’a été un peu dif­fi­cile mal­gré la tra­duc­tion lit­té­rale que l’on trouve ici). [EDIT : Gal­lica n’étant pas dis­po­nible hier soir, j’ai pu enfin repla­cer ce matin le texte médié­val dans sa mor­pho­lo­gie d’origine, quitte à être dépay­ser autant aller jusqu’au bout]

Plat prin­ci­pal

Au des­sous je vous laisse (re-)découvrir le texte pro­fon­dé­ment rema­nié, tra­duit en fran­çais (presque) moderne tel que le pro­posa Léo Ferré en 1955 avec cette magni­fique chan­son inti­tu­lée Pauvre Rute­beuf.

Des­sert

Non pour dis­traire, mais pour enri­chir, j’ai fait une sélec­tion musi­cale assez exhaus­tive d’interprètes ayant chanté ce Pauvre Rute­beuf… Il y en a pour tout les goûts, à cha­cun de choi­sir la mignar­dise à sa conve­nance ou de les ava­ler toutes si vous êtes gourmand.

Voilà le menu est servi : à vous de déguster…


Rute­beuf (1230 – 1285)

Voir le texte ori­gi­nal | Voir la traduction

Ci encou­mence li diz de la Griesche D’Yver

Contre le tenz qu’aubres def­fuelle,
Qu’il ne remaint en branche fuelle
Qui n’aut a terre,
Por povre­tei qui moi aterre,
Qui de toute part me muet guerre,
Contre l’yver,
Dont mout me sont chan­gié li ver,
Mon dit com­mence trop diver
De povre estoire.
Povre sens et povre memoire
M’a Diex donei, li rois de gloire,
Et povre rente,
Et froit au cul quant byze vente:
Li vens me vient, li vens m’esvente
Et trop sou­vent
Plu­sors foïes sent le vent.
Bien le m’ot griesche en couvent
Quanque me livre:
Bien me paie, bien me delivre,
Contre le sout me rent la livre
De grand poverte.
Povre­teiz est sus moi reverte:
Toz jors m’en est la porte overte,
Toz jors i sui
Ne nule fois ne m’en eschui.
Par pluie muel, par chaut essui:
Ci at riche home!
Je ne dor que le pre­mier soume.
De mon avoir ne sai la soume,
Qu’il n’i at point.
Diex me fait le tens si a point,
Noire mouche en estei me point,
En yver blanche.
Ausi sui con l’ozière franche
Ou com li oiziaux seur la branche:
En estei chante,
En yver pleure et me gai­mente,
Et me des­poille ausi com l’ante
Au pre­mier giel.
En moi n’at ne venin ne fiel:
Il ne me remaint rien souz ciel,
Tout va sa voie.
Li enviauz que je savoie
M’ont avoié quanque j’avoie
Et fors voiié,
Et fors de voie des­voiié.
Foux enviaus ai envoiié,
Or m’en sou­vient.
Or voi ge bien tot va, tot vient,
Tout venir, tout aleir convient,
Fors que bien­fait.
Li dei que li decier on fait
M’ont de ma robe tot des­fait,
Li dei m’ocient,
Li dei m’agaitent et espient,
Li dei m’assaillent et des­fient,
Ce poize moi.
Je n’en puis mais se je m’esmai:
Ne voi venir avril ne mai,
Veiz ci la glace.
Or sui entreiz en male trace.
Li traÿ­teur de pute estrace
M’ont mis sens robe.
Li siecles est si plains de lobe!
Qui auques a si fait le gobe;
Et ge que fais,
Qui de povre­tei sent le fais?
Griesche ne me lait en pais,
Mout me des­roie,
Mout m’assaut et mout me guer­roie;
Jamais de cest mal ne gar­roie
Par teil mar­chié.
Trop ai en mau­vais leu mar­chié.
Li dei m’ont pris et empes­chié:
Je les claim quite!
Foux est qu’a lor consoil abite:
De sa dete pas ne s’aquite,
Ansois s’encombre;
De jor en jor acroit le nombre.
En estei ne quiert il pas l’ombre
Ne froide chambre,
Que nu li sunt sou­vent li membre,
Mais lou sien pleure.
Griesche li at corru seure,
Des­nuei l’at en petit d’eure,
Et nuns ne l’ainme.
Cil qui devant cou­sin le claime
Li dist en riant: “Ci faut traime
Par leche­rie.
Foi que tu doiz sainte Marie,
Car vai or en la dra­pe­rie
Dou drap acroire,
Se li dra­piers ne t’en wet croire,
Si t’en revai droit à la foire
Et vai au Change.
Se tu jures saint Michiel l’ange
Qu’il n’at sor toi ne lin ne lange
Ou ait argent,
Hon te ver­rat moult biau ser­gent,
Bien t’aparsoveront la gent:
Creüz seras.
Quant d’ilecques te par­ti­ras,
Argent ou faille enpor­te­ras.“
Or ai ma paie.
Ensi chas­cuns vers moi s’espaie,
Si n’en puis mais.

Léo Ferré (1916 – 1993)

Pauvre Rute­beuf

Que sont mes amis deve­nus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clair­se­més
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte.
Ce sont amis que vent emporte
Et il ven­tait devant ma porte
Les emporta.

Avec le temps qu’arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n’aille à terre
Avec pau­vreté qui m’atterre
Qui de par­tout me fait la guerre
Au temps d’hiver.
Ne convient pas que vous raconte
Com­ment je me suis mis à honte
En quelle manière.

Que sont mes amis deve­nus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clair­se­més
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte.
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m’était à venir
M’est avenu.

Pauvre sens et pauvre mémoire
M’a Dieu donné le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient le vent m’évente
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ven­tait devant ma porte
Les emporta.

L’espérance de len­de­main
Ce sont mes fêtes.

Léo Ferré (en public)
Jacques Drouai
Marc Oge­ret
Marc et André
Nana Mous­kouri
Joan Baez
Hugues Aufray
Cathe­rine Sau­vage
Phi­lippe Léo­tard
Gamine



11 réponses à “En lisant en écoutant : Rutebeuf”

  1. ekwerkwe dit :

    Je ne connais­sais pas Rute­boeuf, si ce n’est de nom. Alors merci pour cette inté­res­sante et aty­pique façon de le rencontrer.

    J’ai com­mencé ta tra­duc­tion (qui sonne de façon tout à fait hon­nête). Le texte ori­gi­nal, lui, a un rythme propre qui res­sort d’autant mieux que je n’y com­prends rien, et il s’en dégage le même genre de beauté que la météo marine: des mots épars qui lancent l’imagination.
    J’aime.

    Autre chose. Je trouve étrange que tous ces chan­teurs aient repris la ver­sion de Ferré: c’est comme si le texte de Rute­boeuf s’était effacé der­rière la chan­son. Un palym­seste his­to­rique?
    J’aime cette réin­ter­pré­ta­tion du texte d’origine, ceci dit, mal­gré l’affadissement, mais c’était pro­ba­ble­ment néces­saire.
    Par contre, est-ce que ça vient de moi ou est-ce que Ferré s’est un peu beau­coup ins­piré de Vil­lon (dont l’oeuvre est peut-être plus connue du Fran­çais moyen)?

    (Grosse pré­fé­rence pour ma part pour la ver­sion de Phi­lippe Leo­tard, sa voix triste et râpeuse, empathique.)

  2. Sébastien dit :

    Ferré on le voit bien a plus que lar­ge­ment adapté le texte de Rute­beuf en pre­nant ici et là des phrases qui dans La griesche d’hiver, qui dans la Com­plainte de Rute­beuf (que je n’ai pas mis ici alors que c’est la plus grosse ins­pi­ra­tion de Ferrré).
    Cette com­plainte s’intitule exac­te­ment : “Ici com­mence la com­plainte de Rut­beuf et de son oeil” et j’en mets un extrait en ancien fran­çais (sans tra­duc­tion) à la fin de ce commentaire.

    En effet on peut consi­dé­rer que la chan­son de Ferré un palimp­seste (his­to­rique oui ça me plait ça !) et en même temps une sorte de Rea­der Digest du texte de Rute­beuf. C’est aussi pour­quoi je pense que les inter­prète à la suite de Ferré ont choisi son condensé (que l’on voit par­fois attri­bué tel quel à Rute­beuf sur le net, dont ton asser­tion est vraie, le texte contem­po­rain a pris le des­sus sur l’original) plu­tôt que de retra­vailler à par­tir du texte original.

    Pour ce qui est de l’influence de Vil­lon, en fait, mal­gré le siècle et demi qui les sépare, il y a une cer­taine res­sem­blance thé­ma­tique avec Rute­beuf :
     – Contrai­re­ment à la chan­son de geste qui chante au XIIIe siècle les valeurs cour­toises, Rute­beuf “se fait gra­ve­ment l’écho de la fai­blesse humaine, de l’incertitude et de la pau­vreté”. Vil­lon, lui, “tra­duit le trouble et la vio­lence de cette époque”.
    Et puis aussi comme tu le sou­lignes, cet écho vient sur­tout du fait qu’on connaît davan­tage Vil­lon et sa Bal­lade des pen­dus (qui ins­pire peut-être lui le Bal de Laze de Michel Polnareff).

    Même pré­fé­rence que toi, en dehors de celle de Ferré dont je reste incon­di­tion­nel. D’ailleurs j’adore l’oeuvre chan­tée de Léo­tard. En 3e posi­tion j’y met­trais Cathe­rine Sau­vage. Par contre je trouve qu’Hugues aurait vrai­ment du s’asbtenir.

    « Ci encou­mence la com­plainte Rute­buef de son oeul
    Ne covient pas je vos raconte
    Cou­ment je me sui mis a hunte,
    Quar bien aveiz oï le conte
    En queil meniere
    Je pris ma fame dar­re­niere,
    Qui bele ne gente nen iere.
    Lors nas­qui painne
    Qui dura plus d’une semainne,
    Qu’el cou­mensa en lune plainne.
    Or enten­deiz,
    Vos qui rime me deman­deiz,
    Cou­ment je me sui amen­deiz
    De fame panrre.
    Je n’ai qu’engagier ne que vendre,
    Que j’ai tant eü a entendre
    Et tant a faire,
    Et tant d’anui et de contraire,
    Car, qui le vos vau­roit retraire,
    Il dur­roit trop.
    Diex m’a fait com­pai­gnon a Job:
    Il m’a tolu a un sol cop
    Quanque j’avoie.
    De l’ueil destre, dont miex veoie,
    Ne voi ge pas aleir la voie
    Ne moi conduire.
    Ci at doleur dolante et dure,
    Qu’endroit meidi m’est nuit oscure
    De celui eul.
    Or n’ai ge pas quanque je weil,
    Ainz sui dolanz et si me dueil
    Par­fon­de­ment,
    C’or sui en grant afon­de­ment
    Ce par ceulz n’ai rele­ve­ment
    Qui jusque ci
    M’ont secorru, la lor merci.
    Moult ai le cuer triste et marri
    De cest mehaing,
    Car je n’i voi pas mon gaaing.
    Or n’ai je pas quanque je aing:
    C’est mes damaiges.
    Ne sai ce s’a fait mes outrages.
    Or devanr­rai sobres et sages
    Aprés le fait
    Et me gar­de­rai de for­fait.
    Mais ce que vaut quant c’est ja fait?
    Tart sui meüz.
    A tart me sui apar­ceüz
    Quant je sui en mes laz cheüz
    Ce pre­mier an.
    Me gart cil Diex en mon droit san
    Qui por nous ot poinne et ahan,
    Et me gart l’arme!
    Or a d’enfant geü ma fame;
    Mes che­vaux ot bri­zié la jambe
    A une lice;
    Or wet de l’argent ma nor­rice,
    Qui m’en des­traint et m’en pelice
    Por l’enfant paistre,
    Ou il revanrra braire en l’aitre.
    Cil sire Diex qui le fit naitre
    Li doint che­vance
    Et li envoit sa sou­te­nance,
    Et me doint ancor ali­jance
    Qu’aidier li puisse,
    Et que miex son vivre li truisse,
    Et que miex mon hos­teil conduisse
    Que je ne fais.
    Ce je m’esmai, je n’en puis mais,
    Car je n’ai dou­zainne ne fais,
    En ma mai­son,
    De buche por ceste sai­son.
    Si esba­hiz ne fu nunz hom
    Com je sui voir,
    C’onques ne fui a mainz d’avoir.
    Mes hostes wet l’argent avoir
    De son hos­teil,
    Et j’en ai presque tout ostei,
    Et si me sunt nu li cos­tei
    Contre l’iver,
    Dont mout me sunt chan­gié li ver
    (Cist mot me sunt dur et diver)
    Envers antan.
    Par poi n’afoul quant g’i enten.
    Ne m’estuet pas ten­neir en ten;
    Car le resvuoil
    Me tenne asseiz quant je m’esvuoil;
    Si ne sai, se je dor ou voil
    Ou se je pens,
    Queil part je panr­rai mon des­pens
    De quoi pas­seir puisse cest tens:
    Teil siecle ai gié.
    Mei gage sunt tuit engai­gié
    Et d’enchiez moi des­me­na­giei,
    Car g’ai geü
    Trois mois, que nelui n’ai veü.
    Ma fame ra enfant eü,
    C’un mois entier
    Me ra geü sor le chan­tier.
    Ge [me] gisoie ende­men­tier
    En l’autre lit,
    Ou j’avoie pou de delit.
    Onques mais moins ne m’abelit
    Gesirs que lors,
    Car j’en sui de mon avoir fors
    Et s’en sui mehai­gniez dou cors
    Jusqu’au fenir.
    Li mal ne seivent seul venir;
    Tout ce m’estoit a ave­nir,
    C’est avenu.
    Que sunt mi ami devenu
    Que j’avoie si pres tenu
    Et tant amei?
    Je cuit qu’il sunt trop cleir semei;
    Il ne furent pas bien femei,
    Si sunt failli.
    Iteil ami m’ont mal bailli,
    C’onques, tant com Diex m’assailli
    E[n] maint cos­tei,
    N’en vi .I. soul en mon ostei.
    Je cui li vens les m’at ostei,
    L’amours est morte:
    Se sont ami que vens enporte,
    Et il ven­toit devant ma porte,
    Ces enporta,

    […]
    L’esperance de l’andemain,
    Si sunt mes festes. »

    On trouve le texte in extenso en ancien fran­çais sur Gallica

  3. Sébastien dit :

    Ah oui une autre anec­dote à pro­pos de cette chan­son et c’est Ferré qui la raconte (je n’ai plus la réfé­rence par contre) :
    « La poé­sie est dans la rue, avec la musique et grâce à la musique. En 1956, j’avais enre­gis­tré un disque avec entre autres, Pauvre Rute­beuf, ce poète du XIIIème siècle. Un matin, allant faire mes com­mis­sions à Neuilly, j’habitais sur la fron­tière Porte Maillot, il y avait un chauf­feur de camion arrêté. Quand il m’a vu, il s’est pen­ché par sa por­tière et m’a dit : “Léo, quand est-ce que tu nous chan­te­ras le “pauvre boeuf” à la télé­vi­sion ?” Je me suis bien gardé de rec­ti­fier en me disant : “Un jour, tu sau­ras toi-même que Rute­beuf n’était pas un “boeuf”. C’est çà, la connais­sance… La Culture…dans le coeur… »

  4. sylvie dit :

    Encore une play list à décou­vrir ! Super,décidément, je suis par­tie pour une longue soi­rée en chan­son, à tout à l’heure, donc, quand je pour­rai faire du bruit ;)

  5. sylvie dit :

    euh… L’araignée là, c’est au hasard qu’elle m’a été attri­buée ? Fait com­ment ek. pour avoir une image ?

  6. Sébastien dit :

    Oui c’est abso­lu­ment au hasard ;) c’est gra­va­tar qui attri­bue ici les ava­tars (comme dans de nom­breux blogs main­te­nant) : http://fr.gravatar.com/

  7. ekwerkwe dit :

    > Syl­vie

    Tout à fait au hasard, Gra­va­tar m’a attri­bué un ange…
    ;)
    Nan, en fait, c’est moi qui ai para­mé­tré mon pro­fil word­press (tout comme tu as un joli coque­li­cot sur tous les blogspots).

  8. sylvie dit :

    Bah, je garde l’araignée alors, le hasard et gra­va­tar ont sur­ement bien fait les choses :@)

  9. InFolio dit :

    Afin de ne pas lais­ser ce com­men­taire perdu sur un mail :
    joan baez et Rute­boeuf. Très mélan­co­lique, alors que le texte (lu deux lignes en VO et vite passé en VF) d’origine est plus violent et vin­di­ca­tif par cer­tains aspects…
    étrange comme cet arran­ge­ment musi­cal et ces paroles me font son­ger à “Bal­lade en novembre” de Anne Van­der­love…(http://www.paroles.net/chanson/11339.1).
    Une ver­sion de Léo­tard, juste pour chan­ger de voix avec une ver­sion plus rocailleuse.

  10. Sébastien dit :

    Le texte de Rute­beuf est violent comme l’est la vie sou­vent avec ceux qui vivent dans une cer­taine marge de la société, soit qu’ils l’ont choisi soit que la vie les y a poussé. En ce sens on peut consta­ter que notre société n’a guère évolué depuis le moyen age, et que cela devrait nous ques­tion­ner davan­tage. Le texte de Ferré centre la pro­blé­ma­tique du texte sur la soli­tude, sur l’abandon affec­tif et misé­rable que l’on vit quand tout a bas­culé et que sa vie se délite… Ce n’est pas très joyeux non plus mais en même temps c’est aussi tou­jours contem­po­rain ce mal-être. Les textes passent et mal­gré nos agi­ta­tions notre société paraît impassible.

  11. Jérôme dit :

    Merci pour toutes ces expli­ca­tions pas­sion­nantes. Mais j’ajouterai une très belle ver­sion chan­tée : celle, contre toute attente, de Didier Bar­be­li­vien, dans son album Léo, en hom­mage à Ferré…

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